442- HISTOIRE DU CONCILE
1415 * enfin pour empêcher qu’en l’absence de TEmpereur, les Cardinauxne donnassent quelque atteinte à l’autorité du Concile.
Gers. T. U. p.iTS-eSfap. V.d,Bar T, U. p.
47 r.
Gerson avoir pris pour texte le zo. verset du Ps. LXFIs selon laVulgate, Le Diéu de notre salut fera réussir notre chemin. Expli-quant mystiquement le chemin dont parle le Psalmiste, il dit qu’a-
vant le Concile il y avoit eu trois grands scandales ou pierres d’a-choppement dans la carrière du salut, savoir le Schisme, les Hé-résies, Sc les Vices, mais fur tout l’horrible monstre de l’Orgueilfie de l’Ambition. C’eít ce qui l’engage à établir douze Maximesou Réglés qu’il appelle Direstions ou Addresses, fie qu’il prétend a-voir déja été suivies implicitement ou explicitement par le Concile Scdevoir être observées constamment dans la fuite, tant pour ache-ver l’Ouvrage de l’Union de l’F.glisc, que .pour extirper toutes lesHérésies, fie pour réformer les Moeurs fie la Discipline. II y a qua-tre Maximes pour chacune-de ces trois fins. La premiere Maximepour l’Union de l’Eglise est} sue le Concile Général tient son auto-rité de J. C. immédiatement , (st que tout homme^de quelque Dignité qu'ilpuisse être , fût-ce le Pape , est obligé d 1 obéir à un tel Concile dam ce quiregarde la Foi , Vextirpation du Schisme , (st la déformation de VEglise ,dans son Chef & dans ses Membres. ,, 11 faudroit, dit-if graver„ cette décision du Concile dans les lieux les plus éminens, fie dans„ toutes les Eglises du monde, comme une Loi fondamentale, pour
„ écraser le monstre de l’Ambition,, fie pour fermer la bouche à tous
C) Grossi. ,, les Flateurs,qui en vertu de certaines gloses,disent groífiérement(a),
„ Sc íàns aucun égard à la Loi éternelle de l’Evangile, que le* Pape„ n’eíl point sujet à un Concile Général, fie,qu’il ne peut en être„ jugé} Qu’un Concile général tient toute sa force fie toute son au-„ toriïé du Pápe immédiatement, fie qu’il ne peut être ni convoqué„ ni confirmé íàns le Pape} Qu’on ne peut demander au Pape pour-,, quoi il fait ceci ou cela, parce qu’il est au-dessus des Loix (i)”ìLa seconde Réglé est,sue le Concile peut non-seulement engager par voiede conseils tnais même contraindre par autorité celui qu'il juge être levrai Pape à renoncer au Pontificat , quand même ce Pape ne seroit pointcoupable , quoique pourtant le Concile ne le doive pas faire fans desraisons importantes , comme il y en peut avoir plusieurs , ainsi qu'il a étédémontré dans les Sermons , qui se sont prononcez au Concile. La raisondont il appuie cette Maxime est, que si un Pape peut bien abdiquer6c donner la Lettre de divorce à l’Eglise, comme avoit fait Cc-lestin( 2 ),l’Epouse de J. C. peut aussi donner la Lettre de divorce non àson Epoux, qui est J. C. mais au Vicaire de son Epoux, sur tout quandil en donne sujet, ou quand elle en a d’ailleurs quelque raison impor-tante. La troisième Réglé est, sue le Concile Général est tellement au
(1) Gerson dit dans ce Discours que le Cardinal de Cambrai avoit réfuté cette er-reur scandaleuse, long-tems avant cette décision du Concile.