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Tome premier.
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448
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V.d.Eard.T.lllPart. 111. f. 18 ,

Traité de Ger-fin, de I exa-men des Es-prits.

Qr.Gerf.ulisa}.?- 40 -

448 HISTOIRE DU CONCILE

traduire depuis quelques années en Allemand, ôc dont il ne fera peut-être pas mal de donner l’abregé, fur tout dans un Siécle auffi addon-né aux visions que l’est le nôtre.

IX. D’abord, Gerson établit trois Réglés pour connoître lesEsprits, ôc pour discerner les vraies Visions d’avec les fausses. La pre-mière, c’elt l’Ecriture Sainte, bien entendue. La seconde, c’est l’ex-perience ôc le goût, qu’il appelle la manne cachée , & le caillou blancoh il y a un nouveau nom écrit que personne ne connoît , sinon celui quiVa reçu. La troisième, ce font les Révélations, ou, le discernementdes Esprits, qui est un don attaché aux Apôtres, ôc, comme il ledit, à l'Ordre Hiérarchique. Mais il paroît assez que Gerson ne fe fiepas trop aux deux dernieres voies, qui font le goût ôc les révélationsdont chacun peut fe flatter. Il en revient donc à i’Ecriture Sainte.Encore prétend-il qu’avec cette Régie il y a diverses réflexions à fai-re, fur la personne qui a des visions, fur la nature des visions mê-mes, fur leur fondement ôc leur raison, fur celui à qui on s’en ou-vre, fur la maniéré dont elles font venues, ÔC fur la source d’où el-les partent (1). A Pégard de la personne qui 4 prétend avoir des vi-sions , Gerson veut qu’on examine bien si c'eiì une personne debon sens, ôc si elle n’est point travaillée de phrénésie, ou de quel-que affection melancholique, ou si elle n’est point posiëdée de quel-que passion violente, comme la colere, k jalousie, l’araour,ou mê-me le zèle pour quelque dévotion nouvelle. II croit auffi qu’ii fautprendre garde de bien près, de quelle maniéré cette personne a étéinstruite ôc élevée, qui elle a fréquenté, à quoi elle a pris le plus deplaisir, ôc enfin si elle est pauvre, ou riche. „Car, dit-il , si c’est„ une personne riche, on doit beaucoup craindre que l’orgueiì, qu’il„ appelle après St. Bernar & un mal fort subtil ^ ne lòit de la partie,d’autant plus qu’il naît souvent dans le sein même de l’humilité,ôc qu’il s’engendre fous le cilice ÔC dans la pénitence, quoiqu’elleparoisse toute opposée à i’orgueil. Mais si c’est au contraire unepersonne pauvre, comme la Nécessité est une mauvaise Conseillère,il n’arrive que trop souvent qu’on a recours au mensonge, Ôc àl’imposture,pour s’en tirer”. Pour ce qui regarde ses Visions enelses-mêmes, Gerson dit là-dessus plusieurs choses de fort bon sens,II faut, dit-il) premierement bien examiner, si tout y est exac-tement vrai. C’est un artifice asièz ordinaire aux Imposteurs de seservir du voile de plusieurs veritez, pour faire passer un seul men-songe, ÔC c’est pour cela que J. C. défendoit aux Possedez, ôc St,Paul à la Pythonise , de rendre témoignage à la Vérité. D’ailleurs,continuï-t-il , il faut voir si l’on reconnoît dans ces Visions ses ca-ractères de cette Sagesse d’enhaut, dont St .Jaques (III, 17.)nous a donné l’idée. Enfin on doit faire attention à la matière de

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(ï) Taxais, quid, quitre, c ai, qualiter, u»de, require. V. d.Har. ìí. />. 31.