D E CONSTANCE. Liv. IV.
4 sf '
virit-troisiéme de Septembre on reçut au Concile la Lettre du Roi 14k§.
de France, touchant le Traité de paix entre ce Monarque & le Duc 1 2 3 - Sept.de Bourgogne. Mais cet avis n’assoupit pas l’affaire, puisque l'on-ziéme d’Octobre l’Evêque d ' Arras donna un Ecrit qui contenoit ce n.òéseDilemme. „ Ou les Propositions font de Foi, ou elles n’en font pas;
3 , Si elles font de Foi, l’Evêque de Paris ne les a pu condamner,fans3, empiéter fur les droits du Siégé Apostolique, ou du Concile à qui3, le jugement de ces causes appartient. Ce qui est dangereux , dití’Evêque d’Arras, & très-suspeìél d'héréfie. Car, continue-t-il, fi onm casse pas purement (fi simplement la Sentence de T Evêque de P arts ^tous les autres Evêques croiront avoir le même droit de f aire de nouveauxArticles de Foi. Ce que l'un aura approuvé , Vautre le condamnera. Delà naîtront des Schismes (f des Hérésies , on multipliera à Vinfini les Ar-ticles de Foi , (fi la Religion Chrétienne fera chargée d'un joug que nosPeres n'ont point porté. Que si elles ne font pas de Foi, comme l’E-vêque d 'Arras foûtenoit qu’elles n’en étoient pas avant la décision del’Eglife, il demande pourquoi l’Evêque de Paris les avoit condam-nées, & pourquoi il avoit commandé de croire le contraire? „N’est-„ ce pas une Hérésie de commander de croire comme Article de,, Foi, ce qui n’est pas Article de Foi,ou ce qui n’a pas été jugé tel3, par í'Eglife ”. Cet Ecrit tendoit à engager le Concile à confirmerla Sentence des trois Cardinaux qui avoient caslë celle de l’Evêque deParis.
XVI. On voit par la Lettre anonyme dont je viens de parler, Mémoire dequ’on avoit intente contre Gerson une accusation de calomnie, & Gerjon fur laqu’on avoit marqué un certain jour pour juger de cette accusation, même affairc *& pour savoir si Gerson devoit continuer d’agir dans cette cau-se , ou non. II faut que les Commissaires eussent jugé en fa fa-veur , puisque le voici encore fur les rangs contre les Proposi-tions, & par ordre des Commissures eux - mêmes ( 1 ). C’est ceque l’on va voir dans un Ecrit qu’il leur présenta en ce témps-ci, où il soutient que le Concile est obligé , selon la Loi Di-vine, à condamner les neuf Assertions par un jugement de Foi,ôt de punir comme Hérétiques ceux qui les soutiennent opiniâ-trément ; Que le Concile ne doit pas moins déférer au senti-ment de tant de Docteurs , & de tant d’Universitez(2)qui ont con- -damné ces Propositions, qu’au sentiment des Docteurs & desUniversité/ d’Angleterre & de Bohême, au sujet de T-Vìcles & :de Hus ; Que le grand nombre de gens qui soutiennent ces Pro-positions par ignorance, ou par passion , ne doit pas être mis enligne de compte, pareeque, selon PEcclésiaste, k nombre des
fous
( 1 ) Vílens parere manàatìs Revenndìffmsrum Patrum etc ç&Urcmm'DmmmmCom- :ntjfar’orum m doôlrma fidei. Geti/p. 391
(2) il allègue entre autres l’Université dc Paris.