460 HISTOIRE DU CONCILE
*41 y. position, un chacun Tyran , qui a été condamnée par le Concile, Sc
qu’elle tend au renversement de la République. Gerson répond quedans cette Proposition, tirée malicieusement de sa place, il n’a parléque de ce qui se peut, ôc non de ce qui se doit Lire.
z. IIse peut faire qu’un homme qui est cité devant son Juge,pour cau-se de Religion, refuse de prêter serment, sans cesser d'être fidèle. Ontrouve cette Proposition dangereuse, parce qu’un tel homme est in-fidèle envers la Foi Sc qu’elle autorise les gens citez à refuser le Ser-ment. On fait le même jugement de la troisième Proposition qui estconque en ces termes :
z. St quelqu'un dans la passion , ou , par la crainte de la mort , nie debouche quelque vérité de Foi,if qu’il ne puise & ne veuille pas s’cnpur-Gerj. 453. ger suffisamment , il ne laisse pas de demeurer fidèle. Gerson soutient que
l’une Sc ì’autre Proposition est Catholique, parce qu’on est fidèle,tant qu’on a la Foi dans l’Entendement,quoi qu’on fasse quelque fau-te contre la Foi, Sc que la Foi peut subsister fans la charité. MaisJean de Rocha ne lui passe pas cette réponse, qui tend en effet à fa-voriser l’hypocrisie, Sc l’apostasie.
4. Un Pape notoirement hérétique ne laisse pas de demeurer Papestus-qu'à ce que sa Sentence lui ait été prononcée , ou qu'il ait abdiqué le Pon-tificat. On juge cette Proposition erronée, & sentant PHérésie, parcequ’un Hérétique notoire, étant infidèle, & par - conséquent hors dcl’Eglife, il s’enluivroit de là qu’un homme qui ne seroit pas Membredel’Egliíè, en seroit le Chef. Ler/s-r soutient là Proposition, & ildit qu’on ne sauroit la combatte, fans favoriser l’erreur de Wiclef 8cde Jean Hus , qui disoient, qu’un Prélat, un Prêtre,ou un Seigneur ,n’efi , ni Prélat , ni Prêtre, ni Seigneur , quand il efi en péché mortel.Jean de Rocha a bien de la peine à faire voir la disparité de ces Pro-positions. 11 distingue néanmoins entre l’Héresie, & tout autre péchémortel. Pour être Pape , dit-il, il n’est pas absolument nécessaire d’êtresaint, mais il efi nécessaire d'avoir une Foi au moins informe. D’ailleursRocha soutient que P Etat Hiérarchique ne laisse pas de subsister quoiqu’il n’y ait point dc Pape, autrement, dit-il, il s’ensuivroit de làqu’il n’y avoít plus plus d'Etat Hiérarchique,lors que Jean de Mayen-cesiégeait comme Pape ( 1 ) .
5. Ni le Pape , ni aucun autre ne doit prétendre que les Canons daDroit positif, ou les autres Traditions Canoniques soient observées partout & par toute VEglise. On tient la Proposition fausse, erronée Sctendant à empêcher les Chrétiens d’obéïr au Pape, 8c à leurs autresSupérieurs. D’ailleurs elle tend à blâmer les efforts des Papes & desConciles pour faire observer par tout leurs Statuts, Sc leurs Tra-ditions.
6 . La
(ï.) C’est !a Papesse Jeanne. Còm Joannes Moguntinus praftAìt ut Papa. p. 456.
(r> Cette Proposition est tirée de 1a 8. Cpníideration. du Ttaise, De mjeriíjlkWe Papa , p, 213-,