Band 
Tome premier.
Seite
462
JPEG-Download
 

í4ij.

462, HISTOIRE DU CONCILE

„ Hus prétendoit, dit-il, que le Pape n’étoit pas nécessaire, qu’au„ contraire il étoit superflu, 8c même nuisible au gouvernement de„ l’Eglise, ce qui est, dit-il , une Hérésie -, mais il ne s’eníuit pas„ de là que l’Eglise ne pût être dans une feule femme, ou dans les„ seuls Laïques, 8c dans tous les Degrez Hiérarchiques, ni qu’elle fût„ difforme par le retranchement d’un seul de ses Membres.D’ailleurs,„ continue-t-il, posé le cas,que l’Eglise résidât dans les Laïques, ou„ dans une feule femme,il ne s’cnluivroit pas delà qu’elle ne fût bien„ gouvernée. Elle étoit bien gouvernée par la Vierge avant la Re-„ furrection de J. C. Elle est bien gouvernée pendant la vacance du„ Siégé, par le Concile,8c Dieu pourroit la conduire,s’il vouloir, sans,, Pape, mais il ne s’ensuit pas delà que le Pape soit inutile JeanHus n’avoit rien dit de plus que cela.

ii. II ne faut suint faire de Paix avec ceux qui enseignent des Héré-sies quand ils font notoirement opiniâtres , ou même violemment fufpeélsd'opiniâtreté , jusqu 1 à ce qu'ils fe soient purgez, par la Consefi on des Hé-ritez qu'ils avoìent combattues. Cette Proposition paroît erronée, pro-pre à fomenter les séditions, 8c à rendre nuls les Actes du Concile,où l’on a fait la Paix avec des gens qui étoient notoirement dans unSchisme invétéré, 8c qui avoient été déclarez tels au Concile de Pi-se , quoiqu’ils ne se soient pas purgez.

i z. fhtand on n'a pas la paix avec Dieu , on ne peut pas T avoir avecson prochain. Elle est jugée erronée, scandaleuse, séditieuse, 8c con-traire à plusieurs exemples 8c passages de l’Ecriture qui font alléguez,fur tout, s’il s’agit de la Paix civile. Je ne sai d’où les deux Proposi-tions précédentes ont été tirées,car il y a faute à la citation. Je trou-ve un endroit où Gerfon dit qu’il n’y a point de moyen plus efficacepour donner la Paix à la Chrétienté que d’extirper les Hérésies, 8c decorriger les errans. Quoiqu’il en soit, Gerfon fbûtient qu’elles sontvéritables de la maniéré qu’il les a conçues, 8c qu’elles ne se renfer-ment pas simplement dans une Paix civile 8c politique, telle qu’onpeut la faire avec des voleurs, ou qu’elle peut se trouver entre lesDémons. Jean de Rocha lui soûtient, que c’est de la Paix Civilequ’il a voulu parler, 8c qu’il a eu en vûe la Paix qui se fit à Chartresentre le Duc de Bourgogne 8c les fils du Duc d’Orleans.

i 3. C'efl une Proposition fufpeéle d'Hérésie de dire que Vassassinatd'un Prince s'efi commis pour le bien du Roi , £5? du Royaume. On ju-ge cette Thèse fausse 8c erronée , parce que c’est une téméritéde juger d’une action qui peut avoir été faite à bonne intention,8c dont il n’y a que Dieu qui puisse être le Juge. Gerfon soû-tient la Proposition vraie, 8c Rocha paroît assez embarrassé à montrerle contraire.

14.

(l) Proteflatio conditionttlìs in materia fidti, nondum fer Sedem Apojìolicam vel ferCom iíium Generale définit a, non fttrgat, jeà inhumât, Gers. />. 448.