£>E CONSTANCE. Liv. IV. 4 6s
2.1. Si un Ange de Dieu descendait du Ciel & qu'il annonçât à V Au- 141k-
teur de ce5 Aster tions quelque chose qui fût opposé à son opinion , ìl nele croirait pas ì & ce qui efi bien plus il n'en croiroit pas Dieu lui-même. Gers. p. 443 .Cette Proposition que Gerson devoit avoir avancée à Paris dans unSermon, est jugée erronée, contraire à ia toute-puissance, à la vé-rités Infaillibilité, & à l’impeccabilité de Dieu,qui peut faire plusque l’Entendement humain ne fauroit comprendre. Gerson s’en dé-fend comme d'une calomnie. II dit qu’il n’a pas parlé de ce qui estopposé à une opinion , mais de ce qui est opposé à la Foi Catholique,
Lc il se justifie par le pastàge de St. Paul aux Galates I,8.LeTexteestsi corrompu dans la répliqué de Rocha , qu’on ne fauroit la biencomprendre, mais il dit avec raison, qu’il y a de la témérité Sc dublasphème dans cette Proposition Sc que dans le passage allégué, St.
Paul ne parle que de lui-même, ou d’un Ange du Ciel, Sc non pasde Dieu.
2.Z. Les Principes de la Foi roulent fur les Principes de la Loi natu-relle. Cette Proposition est attribuée ailleurs au Cardinal de Cam-brai Sc elle est mise ici néanmoins fur le compte de Gerson. On jugequ’ellc sent l’Hérésie. Gerson dit qu’elle n’est point conforme auTexte, mais il convient qu’elle est vraie à l’égard des Principes dela Foi qui répondent au Decalogue, comme celui-ci, qu’il n'est paspermis de tuer son prochain de sa propre autorité. Jean de Rocha ditqu’elle a été avancée formellement, 8c que si elle est vraie, lesPayens sont Fidelles parce qu’ils ont les principes de la Loi natu-relle.
24. Si Jean Hus, qui a été déclaré Hérétique , & condamné par leConcile , avoit eu un Avocat , on ne l'auroit jamais convaincu. CetteProposition est attribuée à Pierre de Versailles , l’un des Collègues deGerson. On la juge injurieuse à Pautorité, à la sagesse, aux lumiè-res Sc à la justice du Concile, parce que c’est dire que le Concileauroit pu être la dupe des fubtilitez d’un Avocat. Gerson ne se tirepas trop bien d’affaire. II dit prémiercment, qu’il ne faut pas pren-dre cette Proposition à la rigueur de la lettre, que ce n’est qu’unefaçon de parler, comme quand on dit d’un homme lent Sc pares-seux, qu'il ne viendra jamais , quoi qu’on sache bien qu’il viendra.
D’ailleurs, il prétend que Jean Hus pouvoit n’être pas convaincusens qu’il y allât de la faute du Concile. Mais Jean de Rocha sou-tient que, supposé la prudence du Concile, il étoit impossible queJean Hus échapât à se condamnation.
if. J'aimerois mieux avoir des Juifs £s? des Payens pour Juges dansles causes de la Foi ì que les Députez, du Concile. Cette Proposition estbien hardie, Gerson l’avoit sens doute avancée dans la chaleur, mé-content de la procedure litigieuse des Commissaires dans l’affiurcdes neuf Propositions. Elle est jugée injurieuse à Pautorité du Con-cile. Voyons comment Gerson s’en défend. II dit que cette Pro-Tom. I. Nnn po-