Band 
Tome second.
Seite
81
JPEG-Download
 

de seMaisivé quemêmeté très-llementgens dee 8c tê-te qui,le mon-Auteursrémiere:hé dess Gsoe-lére de■ dont atnunionReinheru’aprésnnoîtreracteresappli-re (a).e passaigné &la des-ssci endonnesit sexeisqu’auii por-ussi les. trois,is jus-íste due Ger-jui di-fouetpoient;ns dericor-iluies,ient àqu’ilsst, &ils

DE CONSTANCE. Liv. V. 8r

ils passoient non seulement les jours dans ce pénible exercice, mais 1417.souvent aussi les nuits, à la clarté des cierges. Quand ils arrivoientdans quelque Ville, on sonnoit les cloches, pour les recevoir & pourexciter le Peuple à la dévotion ; ils entroient d abord dans les Cime-tières, & puis dans les Eglises, où ils chantoient des Hymnes quin’avoient rien que de pieux 8c de Chrétien, mais on peut juger qu untel ramas de toute forte de gens, qui crioient de toute leur force entoute torte de Langues, ne faisoit pas une Musique fort harmonieuse. Schettmg. p.Les femmes exerçaient auíîì la même rigueur fur leurs corps, mais 3^- er. 39-seulement dans leurs maisons, quoique Gerfon semble insinuer qu’il tetrouvoit aussi des femmes dans ces Processions, 8c qu’elles y étoientnues aussi bien que les hommes. Après s’être ainsi fòuetcz pendanttrente-trois jours & demi, suivant le nombre des années de l’humilia-tion de Jefus-Christ, ils fe retiraient chez eux persuadez d’avoir ob-tenu la rémission de leurs pechez, jusqu’à ce que quelque occasion lesportât à renouvelles leur pénitence. Afin de n'être à charge à per-sonne, chacun contribuoit par jour, environ un demi écu, pour l’en-tretien de leurs pauvres, quoi qu’ils ne refusassent pas ce qu’on leur Schmmg. pldonnoit volontairement. 3°-

Si l’on en croit une Ancienne Chronique, ces dévotions produiss- Monach.sti.rent d’abord de fort bons effets. Au lieu des instrumens de Musique& des Chansons profanes, cn n’entendoit plus que des Cantiques lâ- ,pcrez qui fe chantoient avec tant de ferveur, que les plus endurcis enétoient touchez. Les plus grands ennemis fe reconcilioient ensemble;on n’entendoit parler que des restitutions que saisissent les usuriers, 8cles larrons. La mondanité & la licence étoient bannies de l’un 8c del’autre sexe. On exerçoit les oeuvres de miséricorde. On ouvrait lesprisons, on faisoit grâce aux criminels, 8c on rappelloit les bannisde leur exil. En un mot, ces Flagellans imprìmoient une si gran-de frayeur des jugemens de Dieu, que tout le monde fe convertissait.

Le monde étoit d’autant plus étonné d’une penitence si rigoureuseque n’ayant été instituée par aucun Pape, ni même autorisée par au-cun Prédicateur de réputation, elle avoit un air surnaturel qui fai-soit juger aux uns que c’étoit une inspiration du Ciel, pendantque les autres la regardaient comme une suggestion du mauvaisEsprit. Je ne croi pas pourtant qu’il soit besom d’avoir recours à -Avm. uhides causes surnaturelles pour rendre raison de cet événement. IIn’est pas surprenant que dans un siécle d’ignorance & de supersti-tion, mais fur tout dans un temps, où la corruption étoit si gé-nérale 8c si monstrueuse, principalement parmi le Clergé, cette es-pece de fureur se soit emparée d’abord de l’esprit des simples, 8cqu insensiblement, par contagion , elle soit devenue plus univer-selle. Quoi qu’il en soit, il ne parait pas qu’on ait d’abord repro-ché autre chose aux Flagellans, qu’une dévotion extravagante 8c san-guinaire, 8c la témérité de s’être érigez en Auteurs d’une nouvelleTome II. L Difci-