2i8 HISTOIRE DU CONCILE
2418. Pape. La première est tirée de ces paroles du Chap. XVII. de St.Matthieu y Si ton Frere a péché y dis-le à F Eglise y s'il n'écoute pas-
F Eglise y qu'il soit regardé comme un P ay en & comme un Publicain. Cequi regarde, díc-il,le Pape comme le reíte des hommes, parce qu’ou-tre qu’il n’est pas infaillible, il est notre Frere,& notre prochain. Laseconde est tirée de la censure que St. Paul addresse à St. Pierre y leSouverain Pontife de l’Eglise, quoi qu’íl ne s’agît pointd’une héré-sie, mais d’une simple dislimulation. D’où il íuit que tout Docteurde l’Eglise devant être regardé comme Successeur de St. Paul peutreprendre le Successeur de St. Pierrey quand même il ne feroit pashérétique. La troisième, que le Pape étant Membre du Corps del’Eglise,aussi bien que les autres hommes,s’il n’étoit pas permis d’ap-perler de son jugement, il s’ensuivroit delà, que s'il venoit à scanda-liser tout le Corps, il ne feroit pas permis de le retrancher, ce qui estcontre la Doctrine que Jesus-Chrilt a enseignée dans le même Chap.XVIII. de St. Matthieu. La quatrième, que s’il n’étoit pas permiscPaller du jugement du Pape, St. Pierre n’eût pas été obligé de ren-Aíl.xi. rz. dre raison aux Apôtres & aux Freres de ce qu’il avoit visité Corneillequi étoit Gentil. Ce qu’il fit néanmoins, donnant par là à ses Suc-cesseurs un exemple d’humilité qu’ils font obligez de suivre. La cin-quième, que comme il peut arriver au Pape, aussi bien qu’aux au-tres, de faire tort à quelcun, soit dans íà réputation, soit à l’égardde fa Foi, il s’ensuivroit delà que celui à qui le Pape auroit fait in-justice nepourroit jamais sc justifier, ce qui est contre le Droit na-turel , auquel le Droit divin n’est pas contraire. Supposons, parexemple, dit Gerson, que quelqu’un prêchant devant le Pape, & de-vant tout le Peuple, que Jefus-Christ est un vrai Prophète, le Papes’avisât de faire mettre le Prédicateur en prison pour avoir prêchécette vérité, ne seroit-il pas permis à ce Prédicateur d’en appeller àun Concile, de peur que le jugement du Pape n’engageât le Peupleà abjurer la Religion Chrétienne? La sixième, qu’il s’ensuivroit de-là, qu’un Pape ne pourroit être déposé en aucun cas, quelque crimi-nel, & quelque scandaleux qu’il pût être, ce qui pourtant est contraireà la pratique du Concile de Pise, & de celui de Constance. La septiè-me, qu’on pourroit conclure de là qu’un Concile Général n’est passupérieur au Pape, ce qui est encore contraire à la pratique du Conci-le de Constance, où l’on n’a procédé à la déposition de Jean XXIII.qu’après que cet Article avoit été unanimement résolu. Sur ce qu’onobjectoit qu’un Concile Oecuménique n’est au dessus du Pape, qu’encas d’héréiîe, parce qu’en ce cas le Pape hérétique ceísc d’être Pape,qu’il est déposé actuellement, ipfo faélo , & qu’il devient le dernierdes hommes, Gerson répond, i. Que Jean XXIII. a été déposé, sansqu’on l’ait accusé ni convaincu d’aucune hérésie, ce qui paroît, parceque jusqu’à fa déposition le Concile l’a toujours tenu pour vrai Pape.z. Qu’il n’est pas vrai qu’un Pape est déposé, ipso faéloy dés qu’il est
héré-