DE CONSTANCE. Liv. VI. zzç>
hérétique, fur tout si l’hérésie est sécrété, non plus que les autres Eve- -ques. z. Que cette maxime, qu’un Pape, ou un Evêque,est actuel-lement déposé dés qu’il est hérétique, est sujette à de très-dangereuscsconséquences, parce qu’elle rendroit incertaine toute la Police Ecclé-siastique, auísi bien que l’administration des Sacremens. Elle favorife ìdit-il st'hêréfie de Wiclcf, qui consistait principalement à dire , qu'un Pa-pe , un Evêque , ou un Prêtre ne consacre pas , q.uand il est en péché mor-tel , (st le Concile n'a condamné cette hérésie que fur ce fondement , quequoi que le crime d'héréfie soutenue opiniâtré ment rende un Pape digne dedéposition , il n'est pas pourtant réputé déposé jusqu'à ce qu'il y ait eu un° jugement juridique. Delà il passe à certains inconveniens qui naîtroient •de la Constitution de Martin V. 8c dont il dit que ce sape ne s’ac-commoderoit pas lui-même. Par exemple, on pourroit inférer delàque Jean XXIII. est encore Pape, que Martin V. a été mal élu, 6cque Sigismond a été mal confirmé Empereur. Enfin Gerfon prouvepar huit Propositions,qu’il faut necessairement pouvoir appelter du ju-gement du Pape dans les causes de la Foi, parce que le Pape n’estpas infaillible, 6c que rarement les Papes, 8c leur Cour se trouventen état de juger aussi bien de ces matières que les Docteurs qui ontétudié rEcriture. Voici les huit Propositions. „ i. Dans les ma-„ tieres, ou dans les causes de Foi, il faut que les jugemens soient,, fondez sur une Régie infaillible, z. II n’y a sur la terre aucun Ju-„ ge infaillible, ou, qui ne puisse errer dans la Foi, que l’Eglise uni-„ verfelle, ou le Concile qui la représente, z. Aucun Particulier ne„ peut ni rendre hérétique une Proposition qui ne Test pas, ni faire„ Catholique une Proposition non Catholique. Ainsi, à proprement,, parler, ni le Pape, ni aucun Evêque ne peuvent rendre une Pro-„ position hérétique, mais ils peuvent pourtant déclarer hérétique„ une Proposition qui ne paroît pas telle à quelques-uns, avec cette„ différence que la déclaration d’un Pape s’étend à tous les Fidèles,
„ au lieu que celle d’un Evêque est bornée à son Diocèse. 4. La,, décision d’un Evêque, 6c même d’un Pape tout seul, 8c considéré„ comme Evêque, ou comme Pape, n’oblige point les Fidèles à„ croire que ce qu’ils ont décidé est une vérité de foi,parce que tout,, Pape, auísi bien que tout Evêque, peut errer dans la foi. Mais les,, Fidèles font pourtant obligez, fous peine d’excommunication,
,, à ne point dogmatiser contre cette décision, à moins qu’il ne pa-,, roisse une raison manifeste de s’y opposer ou dans l’Ecriture Sainte,
„ ou dans quelque Révélation, ou par la détermination de l’Eglise„ dans un Concile Général, f. Comme dans les causes de foi, on„ peut appeller du jugement d’un Evêque à celui du Pape, parce que„ l’Evêque peut errer dans la foi, par la même raison on peut appel-„ 1er du jugement du Pape à celui du Concile. D’autant mieux que,, souvent à la Cour de Rome il n’y a pas un auísi grand nombre dew Docteurs en Théologie qu’en d’autres lieux, où il y a des Univer-
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