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Tome second.
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I4ï8.

Lettre duRoi de Polo-gne à Martincinquième.k DlugoJJ. Hist.Polon. L, XI.P-39S-

zfo HISTOIRE DU CONCILE

que le Roi de Pologne écrivit à Martin cinquième au commence-ment de 141p. pour se plaindre de Pinjustice qu’on lui avoit faite auConcile à l’occasion de ses démêlez avec les Chevaliers de POrdreTeutonique.

LXXVI. Il est bon de rapporter cette Lettre parce qu’elle ins-truit mieux le Public fur cette affaire, qu’il ne peut l’être par les Ac-tes qui font fort défectueux là-deffus. Dans cette Lettre le Roi dePologne se plaint à Martin cinquième de ce que les Nonces qu’il avoitenvoyez pour accommoder ses difrêrens avec les Chevaliers Prussiens,& non pour en juger, Pavoient condamné fans Pentendre ni personnede là part, 6c de ce qu’ils avoient même publié leur Sentence avantqu’elle lui eût été communiquée. II représente au Pape que quoique cette Sentence ne puisse déroger à son droit, comme fa Saintetél’avoit elle-même déclaré, elle nuifoit cependant beaucoup à fa répu-tation parce qu’elle le faifoit passer pour un calomniateur, 6c pourun Prince qui entreprenoit des Guerres injustes: Qu’il ne trouvoitpoint mauvais que les Nonces du Pape fussent plus dans les intérêtsdes Chevaliers que dans les siens, mais qu’il ne pouvoit souffrir qu’ilsl’eussent impitoyablement diffamé dans le monde comme ils avoientfait par leur Sentence. Ce qui avoit rendu les Chevaliers si fiers, 6csi infolens qu’ils ne vouloient plus entendre parler de Paix ni de Trêve»Que ces mêmes Chevaliers avoient aposté Jean de Falkenberg poufle décrier par tout comme un destructeur de l’Eglise 6c de la Reli-gion Chrétienne, quoi que toutes ses Actions fislènt foi de son zèlepour l’une 6c pour l’autre. Que c’étoient les Chevaliers , qui enviolant tous les Traitez qu’il avoit faits avec eux, avoient attiré lesjustes effets de son ressentiment. Qu’après avoir été battus plusieursfois, ils revenoient toujours à la charge, au lieu de profiter de leursdisgrâces, 6c de leurs fréquentes défaites. Qu’ayant remporté fureux de grands avantages, il avoit bien voulu retirer ses armées à larecommandation du Pape, 6c de PEmpereur, dans Pesperance qu’en-fin on pourroit parvenir à une Paix solide 6c durable. Qu’en dernierlieu, ayant une bonne armée sur pied dans le voisinage des Cheva-liers, il n’avoit pas voulu s’en servir contre eux, parce que PEmpe-reur l’en avoit fait prier par PArchevêque de Milan qu’il lui a en-voyé pour cela. Que tout le monde pouvoit juger de son zèle pourla foi Chrétienne, par le grand nombre d’Infidéles que Dieu avoitconvertis par son Ministère depuis son Baptême, mais qu’il auroiefait de beaucoup plus grands progrès s’iî n’en eût été empêché parles Chevaliers, qui voudroient que tous leurs voisins fussent Payenspour avoir un prétexte honnête d’envahir leurs terres, 6c qui l’em-portent en violences 6c en cruautez fur les Peuples les plus barbares.Que cependant, quoi que les Nonces du Pape ayent fait paroîtreune si grande partialité, il ne refuse pourtant pas d’entrer en compo-sition avec les Chevaliers par l’entremise des mêmes Nonces de fa

Sainteté,