DE CONSTANCE. Liv. VI. zfi
Sainteté, pourvû qu’elle veuille réparer le tort qu’ils lui ont fait par 1418.leur injuste Sentence , ôc rétablir fa réputation. Dlugost\ qui m’afourni cette Lettre, dit que Martin cinquième fut fort irrité de laconduite de ses Nonces, ôc de celle des Chevaliers, ce qui put leporter à rendre justice au Roi de Pologne au sujet de Jean de Fal-kenberg. Et ce fut peut-être alors austì que se fît la réconciliation en-tre le Pape, ôc les Ambassadeurs de ee Monarque.
LXXV 1 I. Quoi que le Concile fût séparé, & que chacun eût L’Empe-la permission de s’en retourner chez foi, il ne laissoit pas d’y avoirencore plusieurs choses à régler, tant pour le spirituel, que pour le a g ^^vri!.temporel. L’Empereur prit ce temps pour aller faire un tour à Zu-ric, mais il n’y fit pas un long séjour, ôc il en revint même avectant de précipitation qu’il creva plusieurs chevaux, comme le rappor-te Dacher. On attribua cette diligence à la mort du Comte deSchwartzenbourg, l’un de ses principaux Ministres, ôc au bruit quise répandit que le Pape avoit dessein de précipiter son départ, quoiquel’Empereur l’eût prié de n’en rien faire. En effet, Martin ordonra 29. àsAvriî,le 2p. à tous ses Officiers de regler incessamment leurs comptes avecleurs hôtes, ôc le deuxième de Mai il fit publier les Concordats qu’il r. Mai.avoit faits avec chaque Nation. Les Allemands ôc les Anglois souf-frirent plus patiemment cette publication que ne firent les François,qui ne purent pourtant l’empêcher. Mais quand le Concordat ft tporté à Paris par l’Evêque d’Arras, le Parlement ne voulut point l’ac-cepter, ôc dreíla même un Mémoire contre ce Concordat pour êtreprésentéau Pape.
LXXVIII. Ce Concordat étoit à peu près le même que celui que concordatMartin cinquième avoit fait avec les Anglois, ôc les Allemands, Ôc de Martin v.ils étoient tous formez fur le pied des Articles de Réformation, qu’il p Vecavoit prescntez aux Nations, ôc dont on a vû l’abregé ci-dessus, à laréservé de quelques Privilèges accordez à l’Université de Paris. Ceuxqui auront la curiosité de confronter le Concordat des François avecceux des Allemans ôc des Anglois pourront le trouver à la fin de cet-te Histoire, tiré du quatrième Tome du Recueil de Mr. le DocteurVon der Hardt. Richer nous apprend qu’après la mort de Charles v, à. Haràt.VI. qui arriva en 1422. Martin cinquième envoya des Nonces en T.iv.p. 1567.France, pour faire casier les Edits du Roi ôc les Arrêts du Parlement “jijen faveur deslibertez de l’Eglise Gallicane, ôc accepter son Concor- ^69.270. **dat. Pour en venir à bout ces Nonces posoient pour principe, qu'ilfaut obéir à la Sentence du Pape , lors même qu'elle est injuste. Gerfonréfuta cette Maxime, ôc soûtìnt que les Rois de France jurant le jourde leur Sacre de maintenir les libertez de l’Eglife Gallicane, ils dé-voient s’opposer, comme à des usurpations,aux Sentences de quelquePasteur que ce fut, ôc même à celles du Pape lors qu’elles étoientcontraires à ces libertez. Mais dans la fuite le Pape fit si bien par sespromesses, ôc par le crédit de la Reine de Naples ÔC du Duc de Breta-
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