178 HISTOIRE DU CONCILE
les autres, & que pour ensanglanter toute l’Europe par leurs cruelles
factions.
Imprudence III. Cette conduite des Papes n’étoit pas moins imprudentedes Papes. qu e criminelle, & ils ne faiíbient pas paroître en cela moins d’igno-rance dans leurs véritables intérêts, que d’infidelité envers l'Eglisey. J.Hardi, dont ils se disoient les Monarques, D’un côté, leur avidité insatiableT.i.p. zBo. ouvrant les yeux à la plupart des Princes Séculiers, les engagea à sea Voi z Du ^ndre maîtres des Bénéfices chez eux, & à frustrer les Papes de plu-puipïzz os" sieurs avantages qu’ils en tiraient auparavant. D’autre côté, tous lesr y'táe Petr. Auteurs de ces temps-là s’accordent unanimement à attribuer auAillai.ap. Von Schisme des Antipapes, aux exactions énormes,aux excès,& aux dé-* fourni 1 ' réglemens de la Cour de Rome & du Clergé les changemens qui ar-338. rivèrent à la Religion dans le XIV. dans le XV. 8c enfin dans le XVI.
Siécle, 8c qui fans doute n’ont pas été avantageux aux Papes. Quandon s’est aussi prodigieusement éloigné de l’Evangile que l’avoit fait leCiergé Romain à l’égard de la Discipline & des Mœurs, il est asseznaturel de soupçonner, qu’on pourrait bien aussi s’en être écarté dansla Doctrine 2 c fur des matières plus subtiles, 8c plus délicates, où ilest beaucoup plus aisé de prendre une chose pour l’aurre. II n’y a riende plus dangereux, pour ceux qui font chargez de quelque directionque ce soit, que de donner prise sur eux par des endroits qui intéres-sent la liberté publique, 8c qui mettent leur autorité en compromis.Si les Papes 8c les Prélats de l’Eglise Romaine avoient usé avec plusde modération du pouvoir 8c de l’autorité, qu’on leur avoit laisséprendre si bonnement, on ne les aurait peut-être pas troublez, dansla possession de plusieurs opinions, qui fervoient à maintenir cette au-torité, 8c il y a beaucoup d’apparence qu’on n’eût point pensé à re-former la doctrine, si la Réformation de la Discipline 8c des Mœursn’eût paru absolument nécessaire. C’est ce qui souleva les Vaudois8c les Albigeois en France, Wiclef , Oldcaftle 8c les Lollards enAngleterre, Jean Hus 8c Jeròme de Prague en Boheme; c’est ce quiporta aussi les Fiagellans à rompre,par une espece de désespoir, avecune Société toute corrompue, 8c à se jetter dans le cruel fanatisme. de la Flagellation, sens parler ici de la grande révolution du seizième
siécle.
Traité de IV. Depuis le Schisme arrivé en 1378. mais fur tout depuis lesMtnridtHes - horribles exactions de Bonis ace IX. l’un des inventeurs des Annales/f touchant la st’autres impositions exorbitantes, tout le monde pense sérieusement:tion? rma " à secouer le joug, ou du moins, à en diminuer la pesanteur, par quel-que réformation. Mais parce qu’on regardoit le Schisme comme le
plus
(1) Cet Ouvrage est intitulé: Cenjilium Palis de Vnìone ac Pefortnatione P.cchÇu inConcilia Uniuírfali qmrenda. II a été imprimé pour la premiere fois à Leipíïg en 1695.fur un Manuscrit d’Helmstadt. On en a parlé amplement dans XHistoire du Concile dePise. Liv. i.pag. 51. 53.