DE CONSTANCE. Liv. VII. z 7 pplus grand désordre qui pût être dans l’Eglise, on ne travailla d’abordqu’à la réunir fous un Pape légitime, & reconnu de tout le monde,afin qu’il pût assembler un Concile Oecuménique où l’on Rappliquâtà une bonne reforme. Cependant plusieurs Docteurs préparoient lamatière, soit en exposant le besoin qu’on avoit d’un Concile, soit enreprésentant la corruption des Mœurs, & le renversement général dela Discipline Ecclésiastique, afin d’engager les Princes Chrétiens à yapporter du remède. Un des premiers Ecrits qu’on ait vû depuis leSchisme, touchant l’Union & la Réformation de l’Eglise est un Con-seil (i) donné en 1381. par Henri de liesse , autrement nommé de Lan-genflein , Théologien Allemand.
. V. C’e'toit à peu près le langage St le stile de tout ce qu’il y Empresse-avoit en ce temps-là d’honnêtes gens, comme on peut le voir par les ment généralOuvrages de ce íiecle-là, St même des précédens, où l’on parloitdu Siégé de Rome, des Papes, & des Ecclésiastiques avec plus de li-berté & plus d’aigreur qu’on n’a fait depuis la Réformation. Mon-sieur le Docteur Von der Hardi promet de faire part au public de plu-sieurs Ecrits de la fin du XIV. Siécle, & du commencement du XV.qui n’avoient point encore paru, & qui roulent fur ce.sujet, commede ceux de Bernard Alamand Evêque de Condom (z), cCEckard de v.d.mrdt.Dersch , Evêque de Worms (3), & du célèbre Zabarelk Cardinal deFlorence. On a rendu compte dans l’Histoire du Concile de Pise (a) (a) Liv. 1.
des Ecrits,& des démarches de Nicolas
ÎS,
& de Jean de Va - p- 66.71.
rennes pour la Réformation de P Eglise (4). Je rapporterai seulementici en passant une particularité que j’ai rencontrée dans les Actesd'Angleterre, touchant le célèbre Clemangis Bachelier en Théologie,& pour lors Secretaire de Martin V • parce qu’elle lui est fort avanta-geuse, Sc qu’on ne doit rien négliger de ce qui regarde un hom-me de cette importance. Après avoir renoncé à son Canonicat deLangres , il avoit été promu à la charge de Chantre du Chapitre dcla Cathédrale de Bayeux en Normandie. Comme cette Ville étoitalors entre les mains des Anglois, Clemangis ne pouvoit percevoir les-revenus de sou Bénéfice lans la permission du Roi d’Angleterrc. C’estfur cela que Martin V. écrivit à Henri V. une Lettre, où il recom-mande fortement à ce Monarque la personne, & les intérêts Je 67?-rnangìs , comme d’un homme de grand mérite, Lc de grande réputa-tion, qui s’étoit employé avec beaucoup de fruit à l’union de l’Egli-se, & qu’il avoit appellé auprès de lui, pour y exercer la charge deSecretaire* La Lettre est dattée du 14. d’Avril 1417. II y a encoresor le même sujet dans les Actes d’Angleterre, une Lettre de Philippe
de
A) Sur ce Prélat, voyez Hist. du Cône. de Pise. Liv. I. p. 72.
( 3 ) st fut élu en 1377. & mourut en 1405.
(4) On peut voir auffi ci-dessus le fameux Traité de Paul ïAnglois fur le mêmesujet.