*8o HISTOIRE DU CONCILE
de'Medalia Camerier du Pape, qui avoir été auparavant Ambassadeurd’Arragon en Angleterre ; Lettre Lettre dattée de Constance du y. deFevrier 1418. contient un fort bel Eloge de Clemangis (x).
Satyre con- VI. M ais on ne se contentoit pas des Discours graves, les Saty-tre la Cour res étoient aussi de la partie. On en a trouvé une bien sanglante de cede Rome. temps-là dans un Manuscrit de la Bibliothèque dc St. Paul à Leipsig.
Quoi que les Satyres ne doivent pas être approuvées, elles serventnéanmoins à faire connoître le caractère des Siécles, 8c celle-ci nousdonne une idée assez juste de l’état où étoit alors PEglife. La voiciv d. mrdt. mot pour mot. Le Pape a dit à ses Cardinaux, quand le Fils de l'hom-T.i.p, 498. me viendra devant Votre Tribunal, dites-lui -, ,, Mon ami, quel dessein„ vous amene ici? " S'il demeure long-temps fans répondre , £5? fans •rien donner-, Chaffez-le ,if le jetiez dans les ténèbres de dehors. Les Car-dinaux ont dit au Pape,-,, Seigneur, que faut il faire pour avoir de l’ar-„ gent?” Le Pape leur a répondu-, „ Comment lisez-vous?Tu aime-„ ras l’or 8c Purgent de tout ton cœur,8c le riche comme toi-même;
„ Et faites ceci en commémoration de moi, 8c vous aurez la vie„ éternelle. ” Alors il vint à la Cour de Rome un pauvre Clerc, qui étoitopprimé par son Evêque. Ce pauvre homme crioit en vain miséricorde auxPortiers du Pape. Ils lui répondaient durement , „ Que nous importe-,„ allez au diable avec votre pauvreté. ” II prit le parti d'aller ven-îàiCspm'mmfa re fa soutane,fa pelisse,son manteau,son épée,& son capuce {à), & vou-lut partager tout cela entre les Cardinaux, les Officiers de la Cour, £5? lesPortiers du Pape. Mais ils lui dirent-, Qu’est-ce que cela pour tant degens? & le chafférent. Comme il pleurait amerement, le Pape lui dit,Vous n’entrerez pas dans la joie de votre Seigneur, jusqu’à ce quevous ayez payé le dernier quadrain. fhielque temps après, il vint unEvêque riche, gros & gras, épanoui, £5? bien escorté. Cet Evêque avoitcommis un meurtre. Les Cardinaux coururent au devant de lui pour le fé-liciter de son arrivée. Vous êtes , lui dirent-ils, le très-bien venu, 8cle très-impatiemment attendu par nos bourses. Ayant envoyé de l'or (fde Vargent en quantité aux Cardinaux, ils difoient, Cet homme est saint8c juste, if le Pape lui dit, Mon ami, montez plus haut, if le sa-lut entra ce jour-là dans fa maison, par ce que les riches feront les pre-miers , if les pauvres les derniers.
Mais à un mal si violent, 8c si invétéré il falloit des remedes plusforts 8c plus efficaces que des prières, des exhortations, des Haran-gues, des Discours, 8c des Satyres.
La France VII. Co m me on voyoit que les Antipapes n’étoient si opiniâtressc soustrait de à refuser la voie de la Cession, qui leur étoit proposée, 8c qu’ils a-l'Obedìence vo i e nt promise, qu’à cause des grands revenus qu’ils tíroient des Etats
de Benoit 1 0 ^ ,
cn 1398. de
(r) Cuìus fama , mtncia vert, tìim vìts. honestate , tum Scientiarum fulgore, tu>nstrmmìs frulpuà ekgantià (nam ex ejus ore dulcior nielle fluit oratio) pgr universat»Curìam Romanam , er omnem Galliarum arque Hissant arum Oram , dijfufa est.