DE CONSTANCE. Liv. VII, a’8i
de la Chrétienté, il fut résolu en France de se soustraire de l’obéïfiàn-ce de Benoît XIII. , St ordonné qu’il seroit pourvu aux Bénéfices élec - pupui. aist,1 tifs , éleStion , aux autres par la collation des Ordinaires , auxquels de ^ ^ ' ,me ?>
efetf// ct provision en appartient , £5? fer Bénéfices tenus par les ad - Gerfcniaaa
ìoerens des Contendans les Ordinaires y pourvoiroient en Commende jusqu’à p • 14-'•ce qu’il y fiât canoniquement pourvu. C’étoit là un des grands Articlesde la Réformation ; ausli 1 a France ne s’en departit-elle pas lors mêmequ’elle restitua l’obéïslànce à Benoit en 140 j. Mais comme ce Fa; e , Bu P u: 'A.ne vouloit rien tenir de ce qu’il avoir promis, St qu’il continuoit J Gtr/À)an*toujours à opprimer les Eglises par ses exactions énormes, il fallut p. 16.trois ans après renouveller la soustraction, & ce fut alors que parut 1406.l’Edit du Roi, St l’Arrêt du Parlement contre les Armâtes & les autresexactions des Papes, avec défense aux Officiers du Pape de les exi-ger , if de leur payer les procurations pour leurs visites , ct? aux Cardi-naux ct? Cameriers pour les Bénéfices vacans (z). Enfin comme on avoireu tout le temps de lé convaincre que Benoit XIII. St GrégoireXII. se moquoient impudemment de toute la Chrétienté, ils furentabandonnez par leurs propres Cardinaux, qui, du consentement de laplupart des Princes, indiquèrent un Concile à Pise pour l’Union del’Eglise, St pour la Réformation générale du Clergé.
Ce fut alors que se réveillèrent les vœux St les espérances du Pu-blic touchant cette Réformation. On n’entendoit, on ne lisoit queHarangues, St que Traitez fur ce sujet. Mais entre les Docteurs iln’y en eut point qui se distinguât plus que Gerson par la solidité deíès Ecrits, St de ses Discours contre les abus de ì’Eglise Romaine.
VIII. D e's l’an 1408. il avoir prononcé dans un Concile de Sermon furRheims un très-excellent Sermon, où entre autres choses, il parla ,a Réforma-bien ouvertement contre l’abus qui s’étoit glissé depuis long-tempsparmi les Evêques de regarder la Prédication, comme une fonction ' 541
indigne d’eux, St d’en laisser le soin aux Moines Mendiants, St à depauvres Théologiens que l’on payoit pour cela. Cet abus avoir íàsource dans un autre, c’est que les Evêques devenus riches St puis-sans employoient tant de temps à leurs plaisirs, St à l’administrationde leur temporel qu’ils n’en trouvoient plus pour les principales fonc-tions de leur Ministère, telle qu’étoit la prédication de l’Evangile.
Par ce mauvais exemple des Prélats, la prédication s’avilissoit parmile Peuple, St leurs Substituts ne prêchant que par intérêt le faksoient avec une extrême négligence. II est vrai^ dit Gerson, que par cemoyen les Sermons font plus frequens , mais à présent il n’y a rien de plusrare que d’entendre bien prêcher l’Evangile. On altéré ct? on corromptla Parole de Dieu , on fait de la piété un métier ct? un gain sordide , onrépand des semences d’erreur ct? de superstition , ct? Ton repaît le Peuple
d’im-
(z) Dupai hist. du Schism. p. 2,59. Je me sers des propres paroles de mon Auteurqui ne iont ni exactes ni claires.
Tome 11.
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