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Tome second.
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r.86 HISTOIRE D U CONCILE

core avec Benoit XIII. lorsque ce Pape fulmina fa Bulle d’excom-munication contre la France, Sc il fut même accusé d’avoir composécette Piece foudroyante. II s’en justifia à la vérité, mais il est certainqu’il n’avoit point approuvé que la France eût renoncé à l’Obedienced t Benoit Sc qu’il soutint ses intérêts aussi long-temps qu’il put. IItémoigna même dans une Lettre qu’il écrivit au Concile de Constan-ce , qu’il n’approuvoit pas qu’on y eût résolu de n’élire aucun desContendans. On a rendu compte de cette Piéce dans l’Histoire duConcile de Pise.

Traitez de XIV. Nicolas Clemangis avoit jusqu’ici reprefenté leGerfon fur le mû, Jean Gerson y chercha des remedes. C’est à cela qu’il avoit desti-mêmesujet. n £ un Traité qu’il composa après le Concile de Pise fous ce titre,DsT^u'p^íio ■duferibìlìtate Papœ ab Ecclesia, pour montrer, qu’il y a des cas ouun Pape peut être déposé (i). Mais comme Gerson ne parloir qu’indi-rectement de l’Article de la Réformation dans ce Traité, il fit quel-que temps avant le Concile de Constance un autre Ouvrage fous cetitre, Moyens d'unir de reformer VEglise dans un Concile Universel (i).

Cette Piece est addressée au Cardinal de Cambrai, & Gerson y répondà plusieurs difficultez (3) que ce Prélat lui avoit faites lur la convo-cation d’un Concile Oecuménique. Comme elle servit de modelleaux Députez des Nations qui firent le projet de la Réformation àConstance, il est nécessaire d’en donner le précis. Gerson pose d’abordpour principe j Que l’Eglisc Universelle est l’assemblage de tous lesChrétiens, Grecs, Latins, Barbares, hommes, femmes, nobles,paysens, riches Sc pauvres, que Jefus-Christ est seul le Chef de cecorps de l’Eglife Universelle, Sc que le Pape, les Cardinaux, lesPrélats, les Ecclésiastiques, les Rois, les Princes Sc le Peuple enfont les Membres quoi que constituez en ordre inégal. Que le Papene peut ni ne doit être appellé le Chef de l’Eglile Universelle, maisfeulement le Vicaire de JTefus-Christ qui tient se place far la terre,pourvu toutefois qu’il n’y ait point de Schisme, clum t amen clavis nonerret. Que tout fidele peut être sauvé dans cette Eglise Univer-selle, quand même il n’y auroit point de Pape au monde, Sc qu’ilne s’en pourroit trouver, parce que c’est dans cette Eglise feule que„ résident la Foi, les Sacremens, leselut & que c’est à elle qu’a été,, donnée la puissance de lier Sc de delier, que c’est cette Eglise U-„ niverselle qui selon la tradition ne peut errer ni défaillir, ni être„ sujette au Schisme, 8c à l'Hérésie,ni tromper ni être trompée,Sc„ qu’elle n’a jamais péché (4). Qu’il y a une autre Eglise qu’on ap-„ pelle Apostolique qui est particulière Sc renfermée dans l’Eglise

„ Uni-

(1) On a rendu compte de cet Ouvrage dans l’Hist. du Cône. de Pise. T. I. p. toc.308.

(z) Ce Traité n’est point dans les anciennes Editions de Gerson. M. Von âer Harâtl’a donné au public pour la premìere fois en 1696. 8c ensuite Mr. Dupin dans fa der-niere