r.88 HISTOIRE DU.CONCILE
raton , (st ejusdem ìmperio , quia ejus jura usurpant , in statu damnatio-ns existant. Nihilominus (st Papa voluermt obfervari illos ficut fanCtaDel Evangelia. Et fie de multïs contentis in Decretis (st Decretalibuspost donatiomm Constantini. . . .
Gerson n’en demeure pas à limiter l’autorité des Papes , il pré-tend que TEgiise est en droit de les déposer, s’ils íe rendent in-dignes de leur caractère, ou s’ils font incapables de l’exercer.Car, dit-il , si pour le bien public on dépose un Roi qui tenoitson Royaume de ses Ancêtres par droit de Succession , combienplus peut-on déposer un Pape qui n’a cette Dignité que par sélec-tion des Cardinaux, & dont le t ere ou l’Ayeul n’avoit peut-être pasle moyen de manger son saoul de fevesì N’est-il pas bien dur de voirle Fils d'un Pêcheur (i) de Venise vouloir posièder lc Pontificat com-me son propre heritage,au grand préjudice de TEgiise, & en dépit detant de Rois, de Princes, & de Prélats ? Mais comme il y avoitalors une maxime qui étoit assiez communément reçue, savoir, quele Pape ne peut être jugé de personne , Gerson la combat de toute saforce comme une pure invention des Papes. II soutient, & il prouvefort bien, à mon avis, qu’elle est contraire au Droit Naturel & Di-vin, qui tous deux veulent que le Pape étant homme, & par consé-quent sujet à Terreur & au péché,soit aussi sujet à être jugé commeun autre homme pour toute sorte de fautes, & même encore plusq u'un autre, parce que ses fautes font d’une plus dangereuse consé-quence, à cause de son élévation. „ Ce ne peut être, continue-t-is,, Tautorité du Pape qui le rend saint , puisque Tautorité peut être,, commune aux bons & aux médians. Ce n’est pas non plus le„ Siège Papal, car c’cst Thomme qui doit sanctifier la place, & non,, pas k place qui sanctifie Thomme. Ce ne sont point ses ornemens„ Pontificaux, ils ne servent au contraire qu’à mettre dans un plus„ grand jour la corruption de ses mœurs. ” Du raisonnement passantà T expérience, Gerson fait voir qu’il y a eu, & qu’il y a même en-core des Papes biteurs, meurtriers, fornicateurs, usuriers, voleurs,faux témoins, Hérétiques, & Schismatiques. N'eft - ce pas, òìt-'ù,une chose bien ridicule qu'un homme Simoniaque , avare , menteur , exac-teur ì fornicateur , superbe , fastueux , pire en un mot qu'un Démon ,prétende avoir la puissance de lier (st de délier dans le Ciel (st fur laTerre? Au fonds , continue-t-il, le Pape n'est pas plus grand que Jé-sus- Chris ou que St. Pierre qui se sont soumis actuellement aux PuissancesSéculières , (st qui ont ordonné à tous les hommes de s'y soumettre. Maisfur tout , Jésus - Christ ayant déclarés comme il a fait , que son Régnén'étoit point de ce monde , (st ayant fui lors qu'on voulut le faine Roi ,
peut-
(i) Ceci regarde Grégoire Xlî. Vénitien, & qui à cause de cela est apellé Fils d'u»Picheur, parce que Venise est bâtie sur la Mer.
f z) Cardinales autem erant Rom a Presbyteri, ordìnati ad fepeliendum mortuos & bas-
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