r§>§ HISTOIRE DUC O N C I L E
,, cable, puisque pendant tout le temps qu’il a été fur la terre il a pli„ errer & pécher , selon l’uiage qu’il failoit de là liberté. C’est une„ erreur de dire que dès qu’un homme est fait Pape , il devient„ Saint par cela seul, comme le disent les Canoniítes qui préten-„ dent que le Siégé Papal trouve le Pape Saint, ou le fait tel. On,, lit bien qu’il y a eu des Papes Hérétiques, Sorciers (i), avares,„ superbes ou criminels à d’autres égards , mais c’est un grand para-„ doxe de dire que leur élection leur conféré la Sainteté. ” Dans lesecond Chapitre à'Jilli fait voir que pour donner la Paix à l’Eglife,il faut obliger les trois Concurrens à ceder, que celui qu’on élira en-suite doit être un homme éclairé, de bonnes mœurs, & capable dece Ministère. Pour réustir dans ce choix il n’est pas d'avis, non plusque Gerfon, qu’on s’en repose fur les Cardinaux seuls,mais il veut qu’onJeur asiòcie les plus habiles d'entre les Prélats, parce que si les Cardi-naux étoient les maîtres de sélection ils ne manqueroient pas de la fai-re tomber fur l’un d'entre eux, au grand scandale de l’Eglife. O plûtà Dieu , dit-il à la fin de ce Chapitre, que je pusse voir ensemble lestrois Papes Concurrens dans leurs habits Pontificaux ffe portant tous troiscomme Papes , if officiant en même temps pontificalement / Je fuis affiurêqu'ils auroient tant de confusion de se voir tous enfiemble dans cet état ,qu'il s ne balanceroient point à réunir F Eglise fous un même Chef. Letroisième Chapitre est contre les Rélervations, & les autres prati-ques Simoniaques. Pierre d'iáilli prétend que l’Eglife avoit étéenviron huit cens ans fans entendre parler de réservations. D ansle quatrième Chapitre d 'Aiïli veut qu’on oblige le Pape à obéïr auxDécréts du Concile, & que s’il y contrevient les Archevêques,& lesEvêques doivent être autorisez à lui désobéir, & à rejettes ses Bul-les. Dans le Chapitre cinquième il dit qu’il ne faut pas permettreque le Pape fasse administrer le Patrimoine ou les Terres de l’EgliseRomaine par ses Neveux, ou par fes parens, mais par des Cardi-naux dont la prudence & la probité soient connues, & qui soientchoisis du consentement de tout leur Collège. II soutient au Chapi-tre sixième que si ce Patrimoine est bien administré, il y en aura as-sez pour entretenir le Pape fort honnêtement, fans qu’il se réserveles Bénéfices Ecclésiastiques au préjudice des Eglises , 6c de leursPasteurs. Dans le même endroit il représente fortement que c’est ungrand abus de donner des Archevêchez, des Evêchez, des Abbayesencommende aux Cardinaux, parce qu’ils les font gouverner par desmercenaires qui n’ont aucun soin des troupeaux du Seigneur. Efl-ilnécessaire , dit-'l, que les Cardinaux vivent avec tant de faste (st de pom-pe, (st qu'un homme que l'on voyoit hier marcher dans les rués accom-pagné d'un seul Clerc , étant fait aujourd'hui Cardinal , (fortuna an-nuente) veuille occuper tant de place , qu'à peine le monde entier lui
(i) Hmticutn L? Necremantkum,