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Parti T. V.
4f6 Dissertation Hist. et Apolog.
III. IL n’e n eít pas de même de la prétendue rétractation deJean Gerson , c’est une affaire qui appartient dnectement au Concilede Constance. Comme il n’y a rien de plus chimérique que cetterétractation , il n’est rien aussi de plus mal prouvé que ce fait, Scpour réfuter le P. Désirant là-dessus, je ne voudrois me servir que deses propres raisons. Gerson , selon ce Père, avoit trois principauxobjets en vue dans le Concile. Le premier étoit l’extinction duSchisme, par YéleElion d'un Pape légitime , & incontestable dans un Con-cile Général , comme étant au-dessus du Pape , puisqu'on y appelle desJugemens du Pape en certains cas. Le second étoit la condamnationdes neuf Propositions de Jean Petit . Le troisième étoit de faire ap-prouver par le Concile certains Reglemens, qu’il avoit faits pour laReformation des mœurs Sc de la Discipline. Si donc Gerson s’estrétracté, il faut que ce soit fur ces trois chefs, ou fur quelqu’un d’en-tre eux. II est clair que ce n’est pas fur les propositions séditieusesd e Jean Petit, puisqu’il en a poursuivi la condamnation jufqu’à lafin & qu’il fe plaignit amèrement de la prévarication du Concile àcet égard. C’est dequoi le P. Désirant ne fauroit disconvenir, puis-qu’il dit que Gerson fut réduit à un exil volontaire pour éviter la fu-reur du Duc de Bourgogne, dont Jean Petit avoit été l’Avocat.Dire qu’il s’est rétracté, parce qu’il s’est banni lui-même,c’est com-me si l’on disoit que M. Arnaud Lc le P. shiesnel se sont rétractez,parce qu’ils ont été obligez de se retirer en Flandres St en Hollande,pour éviter la fureur des Jésuites. Si Gerson eût voulu se rétracter àcet égard, il eût pû retourner à Paris, où il auroit été reçû à brasouverts par la faction du Duc de Bourgogne, mais il aima mieux«'absenter jusqu’à ce que l’orage fût conjuré , que d’être contraint,comme ses Confrères de l’Université(a),à chanter la palinodie. Ecou-tons-le parler lui-même dans fa Consolation Philosophique , qu’il com-posa en 1418. à son retour de Constance à Rathemberg en Bavière,ou à Vienne en Autriche. C’est un Dialogue en prose Sc en vers àlimitation de la Consolation Philosophique de Boéce , où Gerson intro-duit trois Interlocuteurs, savoir Gerson lui-même sous le nom àePé-lérin , Volucer , qui est un,Courier, qui va donner des nouvelles deGerson à son Frère auísi nommé Jean Gerson , Prieur des Célestins àLyon, Sc ce Frère, sous le nova âe Monique. Voici donc commeils parlent entre-eux :
„ Moniqjue. Mon Frère n’est-il pas bien affligé de se voir ainsi„ exilé dans un païs étranger, dont il n’entend point la Langue?
„ Volucer. Point du tout, au contraire il se réjouît au Sei-„ gneur. Comme il avoit bien prévu tout ce qui est arrivé, il s’é-„ toit préparé à la patience, Sc sûr de son fait pour ce qui le regar-„ de lui-même, il frémit, Sc il se lamente des malheurs de fa Pa-„ trie, à l’exemple de Jérémie , en attendant la délivrance de celui„ qui l’a mis à couvert de la tempête, aussi bien que de toute sorte
„ dc