468 Dissertation Hist. et Apolog.
„ Pontife, de même que toutes les autres choses qui regardent tom-„ te l’Egíise, comme d’assembler un Concile Général, Lc autres„ choses de cette nature Voyons à présent quel avantage le P.Désirant pourra tirer de ce passage pour la prétendue rétractation deQerson. St. Thomas n’entre point ici dans la discussion de cespoints, savoir, si un Concile Oecuménique est supérieur au Pape,s’il est permis, ou non, d’appelier du jugement du Souverain Pon-tife, s’il est infaillible, si en cas de Schílme, ou de refus du Pape,on peut fans lui assembler un Concile Oecuménique &c. II dit feu-lement que le Pape étant le Chef de T Eglise Universelle,c'&& à lui qu'ap-partient la décision des questions de Fo;, qui regardent toute l’Egli-se, & le droit d’assembler un Concile Général qui représente l’E-glise Universelle. Mais c’est ce que Gerfon n’a jamais nié , hors ducas de Schisme ou d’Pléresie. Ecoutons-le parler lui-même dans sonTraité de la Puissance de VEglise , où. il marque les cas, où un Papepeut être dépose par l’Eglíiè. II.faut avouer d'abord , dit-il , .querégulièrement , if même de Droit Divin, on ne doit point célébrer unConcile Général fans-la convocation, if /’ approbation du Pape , pourvuqu'il soit unique, if qu'il n'y ait point d'accusation légitime contre lui.En ce cas Gerfon ne refuse point au Pape la plénitude de la puissanceMonarchique comme dans son sujet propre, & il ne la donne auxConciles Généraux que pour en régler l’exercice en cas qu’il y aitSchisme, que les clefs soient errantes , & que le Pape vienne a sedévoyer (i), de quoi Thomas ne parle point,, parce que de son temsil n’y avoít point de Schisme ni d’hréguhrité, Grégeire 'X. étant pai-sible possesseur du Siège, & en odeur de sainteté. Dans cet endroitde Thomas d'Jquin,\\ ne s’agit pas de condamner des articles déjacondamnez, ni de décider des articles déja décidez, ce qui selonCs-yô» appartient aux Evêques en première instance, & au Pape parappel,il s’agit d’un nouveau Symbole, ce qui fans doute regarde l’E-glil’e universelle.- Or Gerfon en ce cas ne récuse pas l’automé du Pa-pe , puis qu’il dit que régulièrement , if de Droit Divin , c’est au Pa-pe à assembler 1e Concile. 3 . Supposons pourtant que par des con-séquences forcées, on puisse tirer des paroles de Thomas les conclu-sions suivantes,, que le Pape est Supérieur aux Conciles Généraux ,qu’il n’est pas permis d’appeller du jugement du Pape, qu'il n’est au-cun cas, où l’on puisse assembler un Concile sans le Pape, que lePape est infaillible, &c. Que s’ensuivra-t-il delà ? Toùt ce qu’ohen pourroit conclurre, c’est que Gerfon a approuvé la Théologie deThomas dans tout le reste, quoi qu’il ne fût pas de son sentiment surle sojet du Pape, & du Concile; il le suivoit dans les matières deFoi, êí de Morale dont il s’agissoit dans cette Lettre, où il loue
Tho-
(1) Plenìtulo Potestatis Ecclestastlci. est subjeftlve , & Monarcbice in Papa . Est !»Icùesu Syaodalite r conjugal# ordinative, 1?supplétive, ub, supr. p. z.jó. 2.59.