Buch 
Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
Seite
101
JPEG-Download
 

H? de ses dìjferentês espèces. 101

éteintes , en ofit fait revivre le titre en saveur de quelques Princes, Seigneurs, &Gentilshommes qu’ils ont estimés dignes de cet honneur.

Voici maintenant des preuves qui montrent que la Pairie est réelle. Le RoiCharles VI. le faisant sacrer l’an 1380. Philippes Duc de Bourgogne , quoiquenouvellement venu à la Pairie, eut la préséance sur son frère aîné , Louis Ducd’Anjou Régent en France ; parce que le Duché de Bourgogne étoit d'une érec-tion plus ancienne que celui d’Anjou.

Depuis ce tems on n’a pas douté dans les cérémonies des Sacres des Rois, que lesPairies ne fussent réelles, & qu’elles ne formassent le rang des Pairs. Ainsi fur lacontestation des Pairs nouveaux , au jugement du procès de Roberr d’Artois, ilfut jugé que chacun d’eux seroit assis selon l’érection de sa Terre en Pairie.

C’est pourquoi le Greffier du Tillet a sait la liste des Pairs nouveaux , selon les Recueil dey Sérections de chaque Terre : Et cet ordre fut gardé par les Comtes d’Alençon, &d’Evreux ; par les Ducs de' Bourbon , & de; Bretagne : chaque Pair nouveau ayant à Paiì-j,été assis- suivant la date de sa création.

Pat Arrêt donné à Reims lors du 8acre du Roi Henri II. le 18. Juilletles Ducs de Guise & de Nevers dévoient précéder le Duc de Montpensier , à causeque l’érection de sa Terre en Duché & Pairie étoit postérieure. Mais l’Ordon-rance de Blois faite par le Roi Henri III. 1 57 6. régla que les Princes duSang pré-céderoient les autres Pairs, nonobstant l’ancìennetéae l’érection de leurs Pairies.

Le Duc de Nevers ayant eu contestation pour la préséance avec le Duc d’Áts-malle , on la jugea par l’Arrêt du 5. Septembre 1 57S. en saveur de l’érectitfn.

Il est donc certain que les Pairies de France font réelles, & que ce n’est pcínî 'le Pair qui fait la Pairie. N’a-t-on pas vû le Comte de Caudale pendant dix ans ■jouir du droit de Pairie , & après lui Charles de Schomberg Maréchal de France,ayant l’un & l’autre épousé Anne d’Hallum ? .

Le Prince de Mantoue prétendit, comme Duc de Nevers, à cause d’Henrictt-ède Cléves, la préséance sur Montmorency , érigé en Pairie l’an 1551. par le Roi :

Henri II. surquoi il fut dit que c’étoit un droit réel, & non personnel, qui pat -,

soit à la personne du mari , du chef de fa femme héritière de Nevers s comme l’ob-- ■serve René Chopin Lìb. 3. de Dòmanio.

La même chose a été jugée pour le rang du-Duché & Pairie de Pinay , en fa-Teur des femmes descendues de la Maison de Luxembourg.

Tout cela justifie que c’est la Pairie qui fait le Pair, & que cette dignité n’estpas un Office : puisque les femmes qui font incapables des Offices, font capablesdes Pairies : comme Alienor Duchesse d’Aquiraine l’an 1141. Jeanne Comtesse deToulouse en n;o. Jeanne Duchesse de Bourgogne , & Jeanne Comtesse de Flan»dres-en 12 ro- Marguerite fa sœur en 12 24- Jeanne de France Comtesse de Bour-gogne & d’Artois, femme d’Eudes IV. Duc de Bourgogne ; de laquelle il est :parlé au sujet de la Pairie , dans deux- Arrêts solemnellcment donnés en 12519. &

1318. & confirmés par le .Roi Philippes de Valois : Comme encore , MahaudComtesse d’Artois en 1398. & Marie de Bourgogne Comtesse de Flandres & d’Àr--rois en 1477. Il se volt aussi que les érections de Blois, de Dunots, de Soissons,ds Vertus & de Coucy , furent faites pour Valenrine de Milan Duchesse d’Grleantren 1403.

Louife de Savoyc mère du Roi'François I. a eu la Pairie d’Àrigouîcme'; Mar-guerite de France Reine de Navarre , a eu celle d’Alençon. Lâ Duchesse de Bour-bon , & les Duchesses de Nevers & de Guise soeurs ,-ont eu les Pairies attachéesiiBourbon , à Nevers & à -Eu. . Marie -dé Bourbon Duchesse d’Òrleans , a possédé '

.la Pairie de Mon'penfier : & Mademoiselle d’Orlcans-sa irille> jouit naiarawint à-cdle de Montpensier & .d’Tu, ■ ■