Extrait desMémoiresmanuscritsde Mr. deTilly,Gen-ilhommeLorrain.
15 i, T raité de U Noble fie ,
Loup de Fribois ì dans l’Election de Falaise , Généralité d’Alençon , ont étémaintenus dans la Noblesse, de la Pucelle d’Orlcans, comme mariés, ou descen-dans de gens mariés , avant la Déclaration du Roi Louis XIII. donnée en Juini(í [4. mentionné? ci-deflus.
Il y a encore plusieurs autres Arrêts & Sentences qui déclarent Nobles les parensde la Pucelle , tant ceux qui portoient le nom du Lis, que ceux mêmes qui por-toient d’autres noms de diverses familles.
11 ne faut pas obmettre d’employer ici une pensée curieuse & surprenante du Curede S. Thiébaud de la ville de Mets, qui a fait une Chronique des choses arrivées deson tems, dont il y a plusieurs copies , en un endroit de laquelle parlant de la Pu-celle d’Orleans, il dit en ces termes : Que Jeanne dite la Pucelle, que l’on disoit,ou que l’on croyoit avoir été arfe par les Anglois à Rouen , arriva en la ville deMets, oh' tôt après ses trois frères, Jacquemin, Jean , & Pierre la vinrent trouver,qui moult la reconnurent, comme firent aussi les Seigneurs de Gournay & deRangecour, pour savoir vue en la Cour de Lorraine auparavant, l’un d’eux luifit présent d’un beau Roussi n qu’elle piquoit souvent , ce qui étoit moult beau avoir : après avoir séjourné quelque teins à Mets , elle fut obligée de se retirer aupays des Allemagnes au Diocèse de Coulogne, chez un Gentilhomme nommé !eBar m de Palants , oh elle demeura environ six mois ; & étant revenue à Mets, ellese maria avec Nicolas des Armoises , qu'autres apellent Gilles des Armoises, Gen-tilhomme Lorrain , demeurant en certaine maison à Mets, les armes duquel sevoient au Portail des Célefcins de cette Ville. Je croi que tout cela est fabuleux ;quoique le Pere Vignier ait dit qu’il avoit vu le Contrat de Mariage dudit Nicolasdes Armoises Sc de ladite Jeanne Day , Sc un Contrat d’acqustition fait par leíditsconjoints de la terre & Seigneurie de Fléville. Il y en a eu meme , qui selon lacommune croyance de Lorraine , se Ion t faits descendre de ce prétendu Mariage , &qui ont fait des preuves de Noblesse & de Chevalerie fur ce fondement.
Le P. Vignier Prêtre de l’Oratoire , Auteur d’une Histoire de Lorraine , fondéfur un manuscrit qui étoit à Mets, & qui contenois les actions de la Pucelle d’Or-leans; avance qu’elle a été mariée à Gilles Seigneur d’Armoises ; qu’elle en a eu desenfuis, & qu’elle n’a jamais été brûlée qu’en fantôme. Mais ce sentiment est tropnouveau & trop foible , pour donner atteinte à ce que l’antiquité nous a apris ducontraire. II proteste avoir vû l’original du Contrat de Mariage du même Seigneurd’Armoises ancien Gentilhomme Lorrain , & de cette Pucelle ; mais cette pièce afans doute été fabriquée par ceux qui ont prétendu s’ancblir par une descente fé-minine.
Cette Noblesse, semblable aux Philactéres des Juifs, s’est tellement étendue, quenon seulement les descendans de ses frères &: de ses íœurs, & leurs païens & alliéss’en font prévalus ; mais même la famille de Guyon & d’Aignan de Cailly : parcequ’ils l’avoient logée dans Orléans : comme si cette Héroïne semblable à l’Arche-d’Alliance qui aporta des grâces & des bénédictions à Obedédon , pour avoir reposéchez lui, leur a dû produire un tel avantage. Ils ont aussi osé prendre pour armes,d’argent à trois Chérubins de gueules, pour témoigner qu’ils avoient eu part auxrévélations de la Pucelle , & qu’ils avoient eu communication avec les Anges. Enlin mot, on peut comparer ^cette Noblesse àTor de Midas, qui convertissait enpareil métail tout ce qu’il touchoit ; parce que tous teux qui ont pû aprocher cettePi.celle , fe disent Nobles. *
Remarquons maintenant les principales circonstances de fa vie & de fa mort. Fran-çois le Maire Conseiller au Présidial d’Orleans, dit que cette Pucelle fut livrée àPierre Cauchon Evêque de Beauvais le 3. Juillet 1430. qui lui sit son procès en langue