17 r. 'Traité de la Noblesse }
,n Les Patriciens croient issus en ligne masculine des deux cens premiers Sénateursinstitués par Romulus, qui avoient été nommés Pâtres Conscripti : & selon Pline,Sénat ores amplijjlmi dicebantur, qui & iato clavo utcbantur, qui portoientune robeâ larges doux d’or.
Romulus prit cent des plus Nobles pour être Sénateurs ; & après avoir reçu lesSabins, il doubla le nombre, qui fut augmenté de cent par Brutus. Du tems deCicéron , ils étoient jusques à 500. & César les mit à 1000. Auguste vouloit quele Sénateur n’eût pas moins de trente mille écus vaillant, & supléoit à ce qui man-Ctrnelius quoit.
Tacit-lib. il y avoit deux sortes de Sénateurs, & de Nobles Romains ou Patrices. Lespremiers sont ceux dont il est parlé ci-dessus : les autres, suivant le dire de Tacite ,étoient adoptés, & avoient acquis le droit de fraternité, avec ceux de Rome, com-me quelques Notables d’Autun. Prim't Hedui Scnatorum in urbe jus aâepti surit,& fraternitatìs nomen cum populo Roma.no usurpant.
Les Chevaliers avoient rang après les Sénateurs, & il leur étoit permis de porterPanneau d’or, annulo aureo uti licebat.
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Ceux qui ont écrit de la Noblesse Romaine , disent qu’il y avoir des Chevaliershonoraires chez les Romains autres que ces premiers, qui n’ayant pas les moyens oul’ingénuité requise pour être vrais Chevaliers, obtenoient le droit d’anneaux d’orde l’Empereur , qui étoit l’ornement & la marque publique des Chevaliers.
Il y avoit entre ces Chevaliers deux sortes de personnes ; lés uns Chevaliersd’armes , & les autres Chevaliers de Lettres : ce qui se voit dans l’ancien DroitRomain. II y avoit aussi sous les Empereurs, des Comtes qui manioient les armes,& des Comtes de Lettres, suivant la Pragmatique-Sanction de l’EmpereurTheodosele Jeune. L. 1. de Profejsorib. Cod. Theodos. daté des Ides de Mars l’an de grâce qr 6.le dix-neuviéme du régne de cet Empereur.
Le sçavant Budée reprend ceux qui ont pris le mot de Miles, pro Equité Miles’Poiibtus l. tnim > dit-i!, tam caligatum , gregariumque Militemsgnifìcat .
•6 Ptinins Les Nobles Romains qui n’avoient point de Charge , étoient ceux, dont le père^• 35 - c - 3 -& l’ayeul avoient été successivement Magistrats; & pour cette raison, ils avoientKochíus^de ^ 1011 â'images, c’est-à-dire, de pouvoir mettre des effigies aux lieux les plus apa-infignib.fe- tens de leur maison, & de les renfermer dans des armoires qui étoient ouvertes auxmiliarum. jours de Fete : ces marques n’étant attribuées qu’à la Nobleste , comme l’expli-quent Polibe , Pline , & Pompeius Rochius.
Les Consuls, les Préteurs, les Censeurs, les Tribuns, les Dictateurs, & tous lesautres Magistrats étoient pris des Patrices : mais depuis rétablissement des Empe-reurs , les non-Nobles surent admis au Consulat & aux autres Charges ; ce qui futcause que Lampride reprit Héliogabale de ce qu’au mépris de la Majesté Romaine,il avoit mis plusieurs personnes dans le Sénat, fans s’informcr de leur race, en dés-honorant les plus inviolables dignités de l’Empire.
Les Liberts ou Affranchis étoient Citoyens Romains, & enrôlés aux tributs deRome ; néanmoins ils n’étoient pas entièrement Citoyens , tels que ceux qu'ilsapelloient optimo jure Cives , n’étant par l’ancien droit capables ni de suffrages, nid'honneurs, ni pareillement de la milice ; car ils n’étoient point enrôlés parmi leslégions Romaines, sinon en cas d’extréme nécessité. Mais les Ingénus enfans deslibertins, c’est-à-dire, les petits-sils des affranchis ; avoient droit de suffrages. LesAffranchis surent ensuite remis au même état que les anciens libertins, & leurs en-ta ns remis en celui des Ingénus..
L’Ingénu étoit celui qui étoit né d’une race libre, laquelle n’aveit jamais été ré-duite en servitude. Le nom de Libertin se donnoit à tous ceux qui étoient descen-dus