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ft) de Jés différentes effcces.
C H A P I T- R E C.
Des Cérémonies qui s'obfervoient d la réception des anciens Chevaliers.
L A réception solemnelle des Chevaliers se faisoit ordinairement aux Fêtes de Pâ-ques , de la Pentecôte & de Noël. L’Ecuyer qui entroit en l’Ordrede Cheva-lerie , étoit obligé avant toutes choses, de prier Dieu de lui donner fa grâce & fa bé-nédiction , de jeûner la veille de la Fête choisie pour la cérémonie, de confesser fespéchés, 8c de Communier. On lui faisoit aussi un Sermon fur les douze articles de laFoi, les dix Commandemens de Dieu , les Sacremens de l'Eglise, 8c les autres chosesqui apartiennent à la Religion Catholique.
L’Ecuyer devoir s’agenouiller devant l’Autel, levant fes yeux & ses mains a utCiel ; & le Prince , le Baron, ou le Chevalier qui présidoità la Cérémonie, lui cei-gnoit l’épée , le baifoir, & le frapoit doucement à la joue : ce qui s’apelloit une pau-mée ; pour le faire ressouvenir de ce qu’il promettoit, de la grande Charge à laquel-le il étoit obligé , & de l’honneur insigne qu’il recevoir par i’Ordre de Chevalerie.Le nouveau Chevalier étoit ensuite obligé de monter à cheval, d’aller dans la Ville,8c de fe montrer au peuple , afin que fa gloire parût aux yeux de tout le monde, 8cque tous fçûssent qu’il étoit nouveau Chevalier , prêt de maintenir & de défendreen tous lieux l’hon.reur de la Chevalerie.
Ce merne jour on faisoit des fesiins, des joustes, & des prefens, avec toutes lesmarques d’une magnificence extraordinaire. Celui qui créoit le nouveau Chevalier,lui faisoit des largesses, 8c réciproquement celui qui étoit reçû ; même , il donnoitordinairement des chevaux 8c des joyaux aux Rois-d’armes qui astìstoient à cettecérémonie. *
L’on faisoit aussi des Chevaliers dans les Camps, lorsque l’on étoit prêt de com-battre les ennemis, de donner bataille , & d’assiéger des Places. L’Ecuyer venoitaccompagné de fes amis devant le Chevalier duquel il vouloir recevoir l’Ordre , enlui disant Sire , ou Seigneur , je vous demande l'Ordre de Chevalerie , laquelleje veux garder & maintenir , ainsi qu il apartient d l'Ordre : 8c tiroir son épée qu’ilbailloit au Chevalier, lequel lui diíoit ; Puisque c es votre volonté de recevoir l'Or-dre de Chevalerie , Chevalier soyez, au nom de Dieu : puis il lui bailloit de l’épée furle col , 8c le bai soi t. Après cette cérémonie le Chevalier faisoit fes festins 8c fes lar-gesses , fe mettant en devoir incontinent de combattre les Ennemis, & de faire pa-lestre que la valeur doit être inséparable de la Chevalerie.
Une épée qu’on apelloit armure de miséricorde, étoit présentée au Chevalierasm qu’il eût recours à la miséricorde , 8c qu’il surmontât plûtôt son ennemi parcette vertu , que par la force de l’épée : le Chevalier ne devant pas austì fe confierentièrement în ses armes ; mais espérer qu’avec le secours de Dieu , il vaincrait fesennemis 8c ceux qui font contraires à l’Ordre de Chevalerie.
•L’épée qui étoit présentée au Chevalier ,• étoit faire en forme de Croix , pourfaire comprendre qu’il devoir comme autrefois Constantin , détruire les ennemis dela Croix de Jesus-Christ par l’épée : & parce que l’épée tranche de deux côtés,elle representoit que le Chevalier devoir maintenir la Chevalerie 8c la [ustice , 8c necombattre jamais, que pour le maintien de ces deux grandes colomnes.
La Lance étoit donnée au Chevalier , pour reprefenter la vérité : car la véritéest d rai te comme !a Lance ; le fer de la Lance signifie la force qu’a la vérité fur la•fausleté 8c le mensonge ; & le pommonceau ou pommeau , qui est de forme ronde,montre que la vérité qui est manifeste à tous, n’a peur de la fausteté ni de la trom-perie. Qj| j