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mer de pied en cap, comme s'il eût dû combattre, & de le monter fur un échaf-íaut, où fe trouvoient douze Piètres qui chantoient l’Office des Morts. Le Hé-raut le publioit traître , vilain & déloyal : douze Chevaliers étoient revêtus dedeuil ; & après que le Rpi ou le Prince chef-d’Ordre avoit prononcé la condam-nation , on jertoit le Chevalier par une corde fur le carreau : & en cet équipage , ilétoit conduit à l’Eglise, où l’on chantait le P seau me 108. plein de malédictions,qui commence par ces mots : Dctts tandem mcam ne tacuerìs, cjc. puis on le met-toit en prison pour être puni par la Justice ordinaire, selon les Loix militaires.
Quoiqu’il en soit, tout le monde a toûjours eu tant de vénération pour l a Che-valerie, que quand on fait mourir un Chevalier par Justice, on lui ôte son Collierauparavant, asm qu’il ne soit point réputé avoir été exécuté en qualité de Cheva-lier. C’est de la sorte qu’on en usa l’an 1475* lorsque Louis de LuxembourgComte de Saint Paul, Connétable de France fut condamné, Sc qusil rendit son ,Ordre à Pierre Doriole Chancelier de France.
On remarque à ce sujet dans les Registres du Parlement, que lors de la condam-nation de Jean de Poitiers Seigneur de Saint-Valier , & Comte de Valentinois, l’an j1524. l’exautoration fut faite par Charles de Luxembourg Comte de Ligny, Che-valier de l’Ordre > en présence d’un Président, de six Conseillers& d’un Greffier .■Criminel de la Cour , & de six Gentilshommes. II fit plusieurs refus & protes-tations avant que d’obéir, à quoi il fut excité par les remontrances du Président leViste : F:t comme il n'avoit point fur lui son Ordre, le Comte de Lignv , pour ac* -complir la cérémonie , lui cn mit un au col, & le lui ôta auffi-tôt. Il ne fut pasnéanmoins exécuté, parce que le Roi changea la peine de mort en une prison per-pétuelle.
Ceux qui rendirent le Château de Guise aux Impériaux, l’an 7336. furent dé-gradés de Noblesse, & de Phonneur de la Chevalerie, privés du droit des armes, & ,rendus taillables par le Roi François I.
L’Arrêt de mort qui fut donné le 3. Août 1551. contre Oudart de Biez M a ré- -chai de France, à cause que le Seigneur de Vervins son gendre avoit rendu Boulo-gne aux Anglais, portoit qu’il rendroit le collier de P Ordre au Héraut : Mais s’é-tant justifié, il eut la liberté.
La maniéré de révoquer la Chevalerie est exprimée dans P Arrêt du Grand Con-seil donné à Paris le 6. Août 1579. entre Jean Férey sieur de Durescu Conseillerdu Roi en ses Conseils, & Messire Martin Halley Chevalier de P Ordre du Roi, .défendeur : Par cet Arrêt, ce Chevalier fut dégradé de POrdre de saint Michel,en conséquence d’un autre Arrêt prononcé par le Roi Henri III. chef de cet Ordre,présidant à Paris en l’assemblée des Chevaliers le 3. Août 1579. signé de Laubes-pine, publié par Mathmin Morin sieur de la Choisniére, Chevalier St Héraut-d’ar» -mes, & publié encore en l’audience du Grand Conseil, suivant l’Ordonnance de SaMajesté étant en son Conseil privé letí. Août 1579. II sut aussi enjoint au Che- -valier dégradé de rendre le grand Collier, & le petit Ordre de saint Michel, pen- -dant à son ruban de soie noire , pour être mk aux mains du Trésorier de POrdre.
Cette formalité fut pareillement observée à la condamnation de mort prononcée-le 3 1. Juillet 7602. contre Charles de Gontaut Duc de Biron , Pair & Maréchalde France.
S’il y a eu des Chevaliers qui ont été dégradés de leur dignité pour félonnie Scpar force , il y en a eu d’autres qui y ont renoncé volontairement en changeant da .parti. Monstrelet me fournit Pexemple du Seigneur de Châreauvillain , lequelayant guerre ouverte contre Mestìres Jean & Antoine de Vergy Chevaliers deBourgogne Pan 1432. prit le parti du Roi Charles VII. avec quelques autres Gens--