& de Jês différentes espèces. 309
Cela se justifie encore dans ce que raporte le Moine de Marmonner des cérémo-nies qui s’obfervérent lorsque Geofroy Duc de Normandie & Comte d’Anjou sutsait Chevalier. Calcaribus aureis pedes ejus adjlriéli surit , & il sut équipé de toute '
sorte d’armes.
La même chose est prouvée lorsque le Roi Charles V.donna l’Ordre de Chevale-rie à Louis 11 . Roi de Sicile , Calcaribrts deauratis jujft R ex infrgnìri.
Je remarquerai à ce sujet, que Richard II. Roi d’Angleterre fut arrêté parHenri Duc de Lanclastre son Cousin pour le dépouiller de la Couronne, qu’on luiporta dans la prison des éperons noirs ; & qu’en ayant demandé la raison , le Valetlui répondit en ces termes : Trés-chier Seigneur , c’ejì pour vous ; & que le Roilui repartit : Fa dire a Henri de Lanclaftre de par moi , que je fuis loyal Chevalier ,
(fr qui omques n ai forfait à la Chevalerie, (fr qu'il m envoye éperons de Chevalier ,ou autrement je ne chauceraì point. H donc le F’alet lui aporta des éperons dores.
Les Chevaliers, selon la coutume d’Angletcrre raportée par Edouard Bisse en VtBdthi»ses Notes fur Nicolas Upton , paraissent premièrement en état d’Ecuyers dans les miHt.f.xi.cérémonies ; puis en état de Chevaliers, quand ils avoient reçû l’Ordre : En lapremière cérémonie , leurs couvertures & équipages n’étoient pas si riches , ni de sisomptueuses & exquises sourures ( ce sont les termes : ) car il n’apartenoit qu’auxChevaliers d’user de vair & d’hermines ; c’est ce que j’aprens du Compted’Etiennede la Fontaine Argentier du Roi , l’an 1351.
Les manteaux d’écarlate vermeille apellés Pallia militum , étoient réservés pourla Chevalerie ; & il n’y avoit que les Chevaliers qui pussent être habillés commeles Souverains, ni qui pussent porter de For & des manteaux. Cela est contenudans les Registres de la Chambre des Comptes.
Le mêmes Registres nous aprennent que les Ecuyers ne portoient aucun orne-ment ; néanmoins ils prirent enfin de l’argent fur les habits qu’on leur donnoit auxfêtes de la Cour. Et ils avoient une longue tunique de couleur brune & modeste ,lors qu’ils se presentoient pour recevoir l’Ordre de Chevalerie. Ce fut de la sorteque Louis Roi de Sicile & Duc d’Anjou parut l’an 13 89. devant le Roi Charles VI.pour être fait Chevalier.
Les Rois d’armes & les Hérauts donnoient attestation de la réception en la Che-valerie : en voici deux certificats. Le premier , de Gabriel le Forestier Roi d’ar-mes du titre de Normandie ; porte que le Roi Charles VIII. après la bataille deFournoue en 149;. fit Chevalier de l’Accollade Guillaume de Constances Archerde la Garde sous Claude de la Chastre Seigneur de Nançai. Le second certificat estde deux Rois d’armes de Normandie & de Bretagne , daté de l’an 1514. ou i;i 5. L'annéecomme le Roi François I. à son avènement à la Couronne , donna l’Accollade par commen-un coup d’épée à Nicolas Roussel Seigneur de Godarville en Caux , présent le Car- Ç oit * à"dinal d’Albret, & plusieurs autres. ^ ues *
En ces derniers tems, les Rois ont accordé des Lettres pour certifie r leur grâce.
André Favin en son Théâtre d’honneur & de Chevalerie , parle d’un Chevalier del’Accollade créé par le Roi Louis XIII. auquel il en fut expédié à Paris en Avril1618. Signées de Lomenie , & fur le repli par le Roi, Visa du Vair ; & scellé delacs de soie en cire verte.
Reste ici de sçavoir si la Chevalerie se peut conférer en tout lieu : c’est la maxi-me des Jurisconsultes, que la création des Chevaliers étant un acte légitime qui nereçoit ni jour, ni condition , ni lieu distinct & séparé précisément, elle peut êtrereçue f ne acceptatione loct.