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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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ft) de Jês différentes effeces. 3 39 ••

On ajoute qu’il y en a qui cherchent la source de la Noblesse , & la dérogeance , Dìtmyf dedans les Anges, dont les uns ont été confirmés dans la gloire , & les autres Ion t de- cw.'tfli /Re-venus Apollats. micbia.

Marcile Ficin avoir raison de dire que la splendeur des ancêtres devient obscure , .lorsque par la lâcheté les descendans dégénèrent de cette première vertu. Majorumsplendor in ftliis objeurus evadit, quando per ipsorum ignaviam in pojìeros non trans-j'unditur.

Ceux qui dérogent par des actions basses & roturières méritent la peine prescritepar les Ordonnances , attirant avec justice Findignation d li Prince fur eux : maissouvent aussi ils sont dignes de fa grâce , principalement ceux qui font d’une an-cienne Noblesse. Quand donc il arrive que la Noblesse s’obscurcit par l’incommo-dité que plusieurs Nobles reçoivent en leurs biens, faisant quelque chose moyisséante que leur condition ne le demande, afin de se maintenir en un état qui ne leurdonne point de honte & de confusion , nos Rois ont toujours suporté leur insortu- -ne : car celui qui possède la Noblesse qu’on apelle naturelle & de sang , ne la peutjamais perdre ni aliéner, puisque l’eflènce originelle demeure même aux comdam- -nés & passe â leurs enfans : En un mot les droits de sang sont inviolables, & les ,Ordonnances civiles ne les sçauroient jamais violer.

Baquet dit que lors qu’un père a fiait quelque acte dérogeant à Noblesse , les en-filas doivent être relevés par le Prince , en vertu de cette maxime , que les prédé- •cesseurs ne peuvent préjudices à la condition de leurs successeurs en fiait de Nobles-sie : mais que le père & l’ayeul ayant dérogé , les enfans ne peuvent être relevés, ,puisque pour vérifier une Noblesse ou une dérogeance , il suffit de faire preuve quele père & l’ayeul ont vécu Noblement ou roturiérement ; & qu’ati pays de leur de-meure ils ont été censés Nobles 011 non-Nobles , fans justifier la Noblesse de leurs .prédécesseurs , ou leur contravention à cette qualité.

Toutefois on peut maintenir le contraire : car les enfans peuvent être relevés des :actes dérogeans à Noblesse faits par le père & par l’ayèul ; comme il a été jugé en <la Cour des Aides de Paris au mois de Mai 1601.

C’est encore un abusd’estimer que la Noblesse se perd par trois degrés consécutifs 'de dérogeance , ou que l’on prescrive au contraire par trois degrés d’usurpation , .fins le sceau du Prince, ou sans quelque Arrêt, Sentence, ou Jugement : lesdroits du sang , non plus que les droits Royaux , ne pouvant se prescrire sans l’au-îorité du Souverain : fk si quelquefois la sévérité des Commissaires a paru dansles Provinces , c’est afin que la Noblesse observe les Loix du Royaume avecrespect.

La femme Noble déroge & perd son privilège de Noblesse quand elle est mariée àun roturier , après la mort duquel fa Noblesse n’est point reconnue si elle n’obtient •-des Lettres du Roi : & en ce cas elle est relevée de ce qu’elle a dérogé à fa Nobles-fié, mais elle n’est pas continuée à fes enfans.

C’est l’intérêt & l’honneur d’un Etat, d’avoir plusieurs Nobles, & non pas-d’en retrancher le nombre fous couleur de déro'geance. Le Royaume de Dartne-mark , & encore celui de Pologne sont remarquables par cette Noble multitude }qui possède feule les Charges, & même les noms ; les non-Nobles demeurans dansl’obscurcité.

Le Royaume de France n’est pas moins fertile en personnes Nobles ; mais la. de—-íogeance les fait déclarer roturiers, & les réduit à des Saturnales, qui rendent leg-vaìérs & les paysans égaux à leurs Maîtres : & d’ailleurs, au lieu dans une Mo-narchie florissante d’avoir en horreur une populace qui veut s’égaler en dignité à-,rancienne Noblesse } on rend souvent les inconnus égaux aux vieilles souches,.