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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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Çj7* de Jés différentes espèces. Z4Z

pratique commune. Ce qui ne s’accorde jamais qu’en déguisant lésait, en n’ex-primant pas le principe de Noblesse , & tel déguisement est sujet à cassation.

Les Anoblis qui ont dérogé dès le premier degré, ne font pas seulement privés enFrance des grâces qui se départent libéralement aux autres Dérogeans, mais encore enItalie : car par les Loix de la République de Gennes*, Leges nova Reipublica Ge-nuenfis , raportées par Pierre Bizare , cap. 4. les Anoblis qui continuent les Arts mé-caniques ne peuvent être restitués, In Nobilium numéro defcripti qui hattenus Art esmechanicas Nobilibus prafentium legum vìgore interdiras exercuerunt , & exercent,il Nobilitate ejeéli cenfeantur.

CHAPITRE C X X XVIII. .

Si la JVoblejfe ejì éteinte par la dérogeance du R ère & de l'Ayeul ■

ascendant.

ou autres

A Noblesse a ses écueils, comme tous les autres biens du monde. La pauvreté'obscurcit souvent , & la contraint de s'abaisser à des emplois mécaniques.Cent ans bannière , cent ans civière.

Aussi dit-on vulgairement.

Irus & e(l subito , qui modo Crasts erat.

Quelques-uns font d’avis par la raison des prescriptions, que comme l’on peutacquérir la Noblesse par la vertu , on la peut aussi perdre par lâcheté. Car i! en estcomme d’un fonds Noble aux pays où les tailles font réelles , qui devient Roturierpar le paiement des tailles, quoique le Roturier ne puisse pas devenir Noble par unelongue exemption.

Si la prescription a été introduite pour punir les propriétaires qui négligent la pos-session de leurs biens; peut-011 mieux la faire valoir que contre ceux qui ne négìî.gent pas feulement leur qualité, mais qui y renonçent par une vie sordide ? Les pre-miers ne font qu'un abandonnement tacite de leur droit pendant trente ou quaranteannées ; & ceux-ci le font exprès & public , pendant toute leur vie. Enfin commeil ne suffit pas d’être Noble , mais qu’il faut être réputé tel j quelle aparence que lepublic qui a vu l’espace de plufieurs générations,ses Auteurs abaissés par des emploismécaniques, croie leur descendant Gentilhomme ; & que celui-ci essaceen déterrantde vieux Titres, les impressions que son Père , son Ayeul & autres Prédécesseurs ontlaissées de leur roture , Sc de leur abaissement?

On répliqué à cela paf des raisons contraires, que la prescription est une loi odieu-se qui n’a pas été principalement établie pour peine de la négligence ; mais pour nelaisser pas flottante la posselfion des biens, & pour la rendre assurée en se servant d’untitre de propriété contre ceux à qui ils apartiennent dans la bonne foi. Que ce mo-tif qu’a eu le Législateur, ne pouvoir pas être apliqué au fait de la Noblesse ; parcequ’elle n’est pas de ces biens dont un tiers s’empare, quand le propriétaire les perd ;tin Roturier ne devenanMpas plus Noble, quand un Noble devient Roturier.

On ajoute , que les impressions de roture que le Père , l’Ayeul &.autres ascc-ndanspeuvent avoir laissées , ne font point un obstacle invincible. Qu’il ne faut que ren-voyer le peuple aux Archives publiques, pour le faire changer d’opinion , ou don-ner du tems aux descendans pour le faire estimer digne d’avoir eu des Ancêtres No-bles. Mais pour relever la dérogeance du Père & de l’Ayeul, il faut obtenir des Let-tres de réhabilitation , que les jurisconsultes apellent natalium restitutionem , restitu-tion de naissance, de Noblesse , ou de race ancienne. C’est par ces Lettres que leRoi ôte la tache contractée & envieillie pendant un long-tems, pour laister libre à

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