$So Traité de U Noble [Je ,
béiens fi les Etienstes ont été en France, en Italie , & est Allemagne j tant il aexcellé en l’Art d’Imprimerie & en ses caractères. Balthazard Moret son gendre luisuccéda en sa profession , comme en fes biens dans la Flandre.
Il est à présumer que les premiers qui se sont mêlés de ce bel Art n’ont pas dérogéà la Noblesse, s’ils étoient Nobles ; au contraire ils se sont rendus plus illustres Screcommandables : mais la plupart de ceux qui font venus en ces derniers tems , bienéloignés de ^expérience & de l’érudition des premiers; n’ayant eu autre dessein quede trafiquer & de s’enrichir, ont plutôt dérogé s’ils étoient Nobles, que maintenuleur qualité. Si l’on exécute le Règlement, qui porte que les Imprimeurs feront àl’avenir leurs études, & qu’ils ne seront point reçûs s’ils n’entendent la Langue La-tine, & s’ils n’ont quelque connoislance de la Langue Gréque, cet Art pourra êtreun jour dans la même estime qu’il a été autrefois : Mais fur tout, il feroit nécessairequ’il y eût de sçavans Correcteurs, qui s’apliquassent avec foin à corriger les Ou-vrages que l’on imprime ; car ceux qui en font profession , ne sont pas fort habiles :ou, quoi qu’ils soient très-capables, la récompense de leurs peines est si modique,qu’ils font contraints de ne pas donner tout le tems qu’il faudroit employer à unelecture exacte. Cependant, la Correction d’un Livre est incomparablement plus«onsidérable que la beauté de l’Impression.
CHAPITRE C L X.
Si f Art de Peinture ts de Statuaire déroge',
P Lusieurs veulent que les Peintres ne dérogent point, les autres veulent le cost-traire.
liniretu Monsieur Tiraqueau traite cette question, qmsunt Artes quìbus Nebilitati dero-‘tiraqueilusg etHT ? PiQcria Ars an fordida fit aut honejîa ?
i&Veliii- £ ntre ' es Romains, Pline met Fabius entre les illustres Peintres, & même aÉliustattcap.-} 2 . Spartianus écrit que l’Empereur Adrien étoit très-expert à la Peinture , aufiinotreftinius tit. Histoire de France dit que René Roi de Sicile & Duc d’Ajou s’apliquoit entiére-3S* ment i ces sortes d’Ouvrages, Sc favorisait ceux qui s’y apliquoient : Les plusgrands Princes en ont été amateurs.
Horace, in Arte Pottica* joint les Peintres aux Poètes j pour la vivacité de leuresprit.
PiBoribus atcjue PoëtisOuot libet audendi jemper fuit iqua fotefias.
Mb, 9 .r.f. Julius Firmicus met l’Art de Peinture, de Statuaire , fi de ceux qui travaillentaux marbres & à la forge, entre les Arts sordides, mais seulement lorsque c’est pourtirer profit de la Peinture & des Statues. Vidctur Piéìores, Statuarios , & jMarmo-rarios er Fabros viles ejfe, fie d fioíum qui quaflûs causa exercent PiBuram.
Enfin il n’y a rien que de noble en la Peinture lors qu’elle est exercée fans trafic,«vmme il est résolu ci-dessus par Firmicus.