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1 '■ Chapitre clxvii.
De la Noblesse de Denise,
L A Noblesse qui compose la République à Venise, est divisée en plusieurs de-grés. Dans le premier les Vénitiens mettent les Familles qui ont assisté à sé-lection du premier Doge , qu’ils établissent dès fan 709. Mais comme il n’y avoicpoint alors de surnoms, on en croira ce que l’on voudra.
Le second degré comprend quatre Familles , Cornaro , Justiniani, Bragadini &Bembo , dont on trouve les noms dans un Acte pour la fondation de S. George ,fous k Doge Gio Morolìni.
Le troisième est pour les Familles que l’on voir employées dans le Conseil de laRépublique, qui n’eurent point de nombre défini jusques en 1408. ou environ,que se fit le Serrure delgrand Confilie.
Dans le quatrième degré font les Nobles qui ont été faits pour la guerre deGennes.
Dans le cinquième font ceux qui ont été créés pour la guerre de Chypre.
Dans le sixième font ceux de la Colonie de Candie : ces derniers font au nombrede quatre-vingt, & leur création a été faite moyennant des sommes considérablesd’argenc , pour subvenir aux frais de la guerre contre le Turc. Gionne FrancisesJLabia donna pour cet honneur cent mille Ducats. Ceux-ci font méprisés des anciens,mais cette haine est fans sujet, si ce n’est qu’elle soit fondée sur une ancienne ani-mosité des Vénitiens contre les Grecs.
Ces anciens blâment la vente de la Noblesse fans mérites, comme une chose hon-teuse. Néanmoins cette vente est absolument nécessaire , vû que les anciennes Fa-milles s’éteignent de jour en jour, & que si l’on n'en substituoit pas d’autres en leurplace , le gouvernement tomberait en Oligarchie, & par ce moyen il ferait aisé aupeuple de s’emparer de l’autorité Souveraine, en chassant le peu de Nobles qui res-teraient.
II faut considérer que cette vente va au soulagement du peuple, que l’on seroicobligé de surcharger d’impôts pour fournir aux besoins de la guerre , si la Seigneu-rie se privoit d’un moyen doux & facile de trouver de l’argent dans la bourse des ri-ches qui font amateurs d’honneur : outre que les populaires voyant entrer leurs pa-ïens & leurs amis dans l'administration civile , en deviennent ausiì plus affectionnésà la patrie. D’où il s’ensuit que les Nobles qui ne sçauroient souffrir que l’on enfasse de nouveaux , & que les noms d’Avanturiers soient inscrits dans le Livre d’or,ou font les noms de tous les Nobles Vénitiens, préfèrent leurs passions au véritableintéiét de l'Etat par une antipathie qu’ont les anciens Nobles contre les nouveaux.
Ils prennent tous fans distinction le titre de Citadini ; mais un Gentilhomme quis’habitue dans cette République , ne passe pas pour Noble Vénitien , s’il n’est ad-mis au nombre des Nobles, du consentement du Doge , & de tout le Corps de laNoblesse. Pour les Nobles Candiots, ils étoient créés par le Doge fans autre céré-monie.
II y a vingt-quatre Familles qui se disent plus anciennes que les autres, & descen-dues des ancic-QS Tribuns, st Ion la tradition qu’elles ont.
U y en a douze autres qui font reconnues depuis.
Un Gentilhomme de Padoue n’est pas Gentilhomme dans tout l’Etat de Venise^& ne jouit point de la Noblesse de Zara.
Ensin les Nobles de la Campagne ou de terre-ferme , qui font Sujets de la Ré-
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