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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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) de Jòn orìgne, Chap. V- 415

dc qualifications, depuis 1560. avec postession des Fiefs, & des services : parce queles présomptions tirées de ses Titres étoient détruites par la preuve de la dérogeance »ou plutôt de roture ; car on ne jugeoit pas que son auteur eût dérogé, mais quilny avoit pas lieu de présumer quil fût Noble, puis quil navoit pas vécu noble-ment. .

Mais cette explication quon a donnée à lArrêt du Conseil na eu lieu quà légardde ceux qui navoient que de simples présomptions depuis 1560. pour preuve de q U] - civ ; ta _Noblesse ; car quand il paroissoitpar un Titre primordial quelle avoit été une fois te m amiíìt,acquise, ou que depuis la dérogeance on comptoit en remontant vers les afcendans ,nihil aliudcent sept ans de qualifications, avec possession de Fiefs ou preuve de services ; en ì uris ad >-ces cas la dérogeance du père ne faisoit pas de préjudice aux enfans, parce quil nepouvoit pas leur ôter ce quils avoient dailleurs que de son chef, & les priver duneq U0 j a [,jp.succession à laquelle leur ayeul les avoit appelles, comme par une espèce de sublti- so perven-tution tacite. turum effet

VI. Par cette même raison, il faut conclure que quand le père commence sa No- ev 5 ,quLblesse , il la perd tant pour lui que pour ses enfans, avec pourtant cette distinction p^ 11 ^ ^sils sont conçûs avant ou après la dérogeance ; Au premier cas la Noblesse leur étant genere triacquise , jusquœfìtum, ils ne peuvent la perdre par la faute du père , horfmis en fait buerenturde crime de Leze-Majesté : Au second , étant conçûs pendant la roture, ils naissent ea manereRoturiers suivant la Loi Emancipatum §. ult.ff. de Senatoribusf eis incolu-

-VII. Mais on a demandé si la même Loi avoit lieu à légard des enfans conçûsaprès lanoblissement, & après la dérogeance. Les enfans à naître étant anoblis par, -cleg.la clause contenue aux Lettres, on soûtenoit quils ne tiraient pas leur Noblesse duchef de leur père , mais quils la recevoient de la grâce du Prince , & quair.si il nepouvoit pas leur ôter un bien qui nétoit pas héréditaire : ce quils apuyoient dusentiment de Tiraqueau cap. 55. num. 5. er 6 . traél. de nobil.

Comme pourtant lanoblissement est une récompense de la vertu du père , & que s 0 i ent pu-celle des enfans à naître, ny peut point y avoir eu de part, on a jugé quils né- meninhoctoient pas sondés à conserver une qualité qui ne leur venoit pas immédiatement du regno íìliîPrince, mais du chef de leur père, qui layant comme perdue avant leur naissance, eorum quileur avoit laissé aussi peu de droitdy prétendre quà un bien de fortune, quil aurait n ^ > 'p t u"dissipé. Lautorité de Tiraqueau nest pas contraire à cette décision : car au mêmeendroit il dit quen tel cas les enfans ont de coûtume en France de prendre des Let- perdiderunttres de réhabilitation , à quoi saccorde le Réglemeht fait au Conseil art. 8. Les en- reslitutiofans £7* deficndans d'un Noble neferont tenus de raporter aucunes Lettres de réhabilita- nem,aprin-tion , fi leur père , ou leur auteur n a fait les ailes de dérogeance avant leur naissance.

VIII. On a été en doute sur lexplication de cet article du Règlement, pourrisçavoir sil falloit lentendre avant la conception , ou avant la naissance des enfans , le fit. cap. 35.cas sétant présenté par une dérogeance commise depuis la conception de l'Assigné6.qui soûtenoit sa Noblesse. On lui opposoit les termes du Règlement qui ne souf-fraient pas quil mit en question , en quel sens il devoir être expliqué ; quavant fanaissance son être étoit incertain , Sc quon ne fçavoit sous quelle figure il recevraitîa lumière ; quen cet état il nétoit pas capable daucune qualité civile , quil falloitêtre membre du corps politique , & dans la société des hommes pour participer auxeffets de leurs Ordonnances ; quainsi la Noblesse étant un droit civil, il avoit été

incapable den recevoir limpression.

A quoi il fut repli q é , que !a question étoit formellement décidée , si quis con*cep t us quidem ft antequam pater ejus fenatu moveatur , natus autan postpatris amijfamdignìtatcm magis êjì ut quasi fenaioris filins intelligatur , tempus enim conceptionis Jpec-íAbdnns plerifque placuit l. 7. ff. de sénat, que si le Règlement fembloit contraire,

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