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C'cfl un áficieft usage èf> France qu’on peut changer de flom & d'arínes, esvertu de Testamens, & de Contrats de mariage, d’adoption & d’inílitution d’hé-ritier. II faut néanmoins que ces changemens, quoi que légitimes, soient fonde's enLettres enregistrées à la Chambre/des Comptes, & publiées au Parlement, pour ren*
' dre la chose solemnclle & publique.
A ce sujet, Albert & Isabelle Archiducs d’Autriche, Comtes de Flandres f-firent une Ordonnance contenant des défenses à tous leurs sujets A habitans despays de leur obéissance, de quelque condition qu’ils sussent, de s’attribuer, por-ter, & relever aucun nom , qualité & armoiries, d’autres Maisons Nobles, encoresque la lignée masculine sût du tout morte & éteinte , excepté les Gentilshommesaufquels cela pouvoit ctre permis par adoption , Contrat de mariage ou autre dis-position légitime de ceux de ces familles qui auroient pouvoir de fane telles con-cessions , ou bien ceux qui pour s’attribuer les noms & les armoiries de telles Mai-sons éteintes, en auroient obtenu de ces Princes la permission par Lettres Patentes 9& fait enregistrer les armoiries dans les Registres de l’Officier d’armes.
Quant aux familles qui descendent d’une ancienne race., elles n’usurpent pointen reprenant le tjfcre & le nom de leurs ancêtres, qui peuvent avoir été interrom-pus par des cadets, à la différence de leurs aînés, quoi qu’ils le fassent fansLettres du Prince..
Nous en avons des exemples dans îa Maison de Gravisse, qui est si avantageu-sement croniquée dans les Histoires de Guillaume de Poitou Archidiacre de Lisieux 9 .tk d’Orderic Vital Moine de Saint Lvrout d’Ouche dès l’an 1066. Car les Sei-gneurs de Drubcc& Valfemey,. de la branche des Seigneurs de Cramefnil-Malet ,ont repris le nom & les pleines armes de Gravisse.
Ainsi une des branches de Lulìgnan , apellée de Lezay , comme remarque JeastBely en son Histoire de Poitou, A qui possède les Seigneuries des Marests & dela Coste en cette Province, en a repris le nom & les pleines armes. Et Louis deSaint Gelais, Seigneur de Lansac , & Baron de la Motte Sainte Eraie , ayant ex-posé être descendu d’une autre branche , sut autorisé de reprendre le nom & îesarmes de Lulìgnan , par Lettres du Roi (Henri III.de Tan 1579.
D‘a litres familles comme celles d’Emond & de Robert de Neuville en Norman-die , de Laurent de Cheux, d’Antoine de Fortefcu , de Jean & Michel de Rc-viers ,& plusieurs autres qui fembloient avoir interrompu leur Noblesse par une déro-~geance., n’ónt point usurpé le rang de leur naissance , en reprenant les noms â lesblasons.de leur ancienne extraction , quoi qu’ils aient pris des Lettres de rétablis-sement', pour rendre au Prince leur déférence, ainsi qu’au public leur restitutionnotoire À manifeste.
D'ins les nouvelles Congrégations de Religieux , on change les noms de Baptêmeen-faisant Profession. II y en a même qui enchérissant par dessus aphquent de nou-víaux- surnoms de Saints, ou de quelque Vertu , ou d’un des attributs de Dieu,ou d’unmistcre. Ce qui est contraire, dit Monsieur de Maroles Abbé de Villeloin ,à l’usage des Anciens, quiavoient beaucoup de vénciation pour le Baptême, & quî-.se tenoient heureux d’avoir été faits /Chrétiens fous de tels noms.
Mais ces changemens peuvent être en usage parmi eux lur des exemples sacres,& fur le modèle des Souverains Pontifes, qui ont imité Saint Pierre & Saint Pauldont les noms de Simon & de Saul furent changés.
Ceux qui les augmentent de noms accessoires imitent S. Jude apelle Thadee oaLouant; ou Judas qui reçut conjointement le nom de Machabée ou de Combat-tant ; ou enfin ils changent pour déclarer qu’ils ont renoncé au ponde & a àpompes, &; qu’ilsn’enretiennent aucun.vestige.