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Traité de la noblesse et de toutes ses différentes espèces / par De La Roque
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C H J, P I T R E V. IZ

Vòuge est vin instrument ou arme rustique ou bâton, au bout duquel se void unepetite faux d’où sort un autre petit fer droit dont les païsans se fervent, non seule-ment pour couper quelque branche d’arbre , mais aussi pour se défendre en cas debesoin. Ronsard en fait mention au Livre second de ses Poëlìes dans son exhortationà la paix.

Vos lances déformais en vouges soient trempées ,

Et en faux désormais courbés-moi vos epees.

C’est aussi un instrument & de chasse & de guerre, comme il paroit dans la Chro-nique de Louis XI. qui porte ces termes : que le Roi étant à Paris y arrivèrent lesVougiers & Cranequiniers , c’est-à-dire Arbalétriers du Païs 8c Duché d'Anjou ,qui bien pouvoient être 400 hommes, qui ledit jour furent menés aux champs pourescarmouches les Bretons 8c les Bourguignons.

On se servoit aussi anciennement de cimeterres, brandaciers, badelaires, cou-teaux , allumelles, .piques, halebardes, hanicroches, fourches-fiéres, pertuiíànes& pieux.

On se servoit encore d’arcs, d'ovi procède le mot d'Archer; & d’arbalêtre, & dffcelui-ci vient le mot d’Arbalétrier.

Les Statuts de Dauphine portoient qu’il avoir été apointé que tous les francs-Archers seroient Arbalétriers, portans arbalêtres & traits, c’est à fçavoir la trouste.

8i dix-huit traits,-armés de brigandines bonnes & suffisantes, salades fans visière ,dague, épée, gagerion, hocqueton de gros drap dessus avec la livrée du Dauphin K .pourpoint, chausses & bonnet blanc lous la sallade, •& gans avec la doublure de gros.drap , & seroient tenus les Consuls & Hjbitans des lieux.de Dauphine de les habil-ler à leurs propres coûts & dépens.

Celui qui étoit Chef d’un Fief qui se trouvoit divisé & partagé, -devoit être as-sisté de ses aides & cotenans, Sc de ses Vasiaux par Arriérefief & par Vavassorie:ce mot de Fdlvafiòres s’interprétant quafi ad valvas fiantes , comme se tenans aux.portes pour la garde, & ils étoient armés selon la qualité du Fief ou Arriérefief..

CHAPITRE VI.

Si lés Ecclefiafiiqu.cs font obligés d.’aller ou et envoyer au Ban (fi Arrìércban d cause dei

Fiefs qu ils p 0 fié dent.

Q Uoique des la naissance de cette Monarchie, il soit certain que les Françoisaient servi nos Rois dans les Armées par manière de Ban & d’Arriéreban ^néanmoins il semble qu’à prendre les choses plus bas, ces convocations n’ont été bien-réglées que dans le tems qu’il s’est sait des investitures de Fiefs. Dcs-lors les Laïques'Seigneurs de Fiefs ont rendu un service personnel dans les Armées , les Ecclésiasti-ques même , à cause de leu-rs Seigneuries , n’en ont pas été dispenses, & on les con-traignent autrefois de-s’y trouver avec leurs Vassaux , ce qui a donné lieu à l’inf-titution des Vidames & des Advoués pour la défense des Evêchés & des Abbayes. .

L’Eglise ne peut pas trouver un modèle plus excellent que celui qui est proposé Dnaer-sn-,par Móyse dans le Deutéronome. 11 nous représente que !e grand Prêtre étoit-com- cap. no,,mandé de se trouver à la tête de l’Armée des Israélites pour les exciter de-combattreleurs ennemis, fans crainte du péril, parce que Dieu étoit au milieu de leur CnmpoAppropinquante jam pralio fiabìt Sacerdos ante adem (fi fie loquetnr ad popuhtm : Audi-. ■

Ijrail, vos bodie contra inimicos vefiros pugnam committetis , non pertimefeat cor vefitrum , noltte metuere , naltte csders , ncc formidetis cc-s , quia Vominus Deus vefier ia :