CH A I I T.R E VI il
Il est aussi exprimé dans les Croniques de Fi ance , q ne Gaerin frère de l’Hôpitalde saint Jean de Jérusalem , Chancelier de France élû Evcque de Senlis , étoit en laBataille de Bouvines, donnée entre le Roi Philippes Auguste & l’Empereur OthonPan 1115.7 ”iut armé non mie p our combattre , dir l’hi stoire, mais pour admonester lesBarons çr les autres Chevaliers aï honneur de Dieu, du Roi du Rojaume çr d la de'~-fenfe de leur propre Seigneur.
En la Bataille de Bénévent que Charles de France Comte d'Anjou livra à Main-froy de Suabe bâtard de l’Empereur Frideric Pan 1 r66. pour la Couronne de Na-ntes & de Sicile,l’Evéque d’Auxerre y donnoit la bénédiction & l’ablolution de touspéchés à ceux du parti d’Anjou ; de forte qu’ils étoient excités de redoubler leurscoups d’épées fur leurs ennemis.
Et quand nous lisons qu’il y a eu des Evêques qui s’étoicnt signalés aux guerres'par des combats , par des défaites d’ennemis, & par des actions quelquefois unies,ce font des rencontres & des effets de leur courage pour la défense publique : ce quis’attribuoit à la nécessité Sc au zélé pareil à celui de S; Pierre à Pendrait de IVlalclms ;mais dont il fut repris fur le champ. Tout cela.ne porte point de conséquence pourinterrompre la régie. Ecclesta nefeit fanguinem , Car régulièrement quand les Evêques& autres Ecclélìastiquessse font portés à Pexercice éloigné de leur condition , ils ontété blâmés, comme surent les deux Evêques frères Salonius & Sagitarius , par ce Grcgor*grand Prélat Grégoire de Tours qui défaprouva fort qu’ils portassent les armes, & Turonemépanchassent le sang. de leurs ennemis dans le combat que livra Gontran Roi d’Or» tlb - 4leans 8 c de Bourgogne contre les Lombards , qui étoient entrés en France Pan 576.ce qu’il croyois indécent à ceux qui étoient de condition Ecclésiastique : Fueruntque in hec pr&lio Salonius Qr Sagitarius fratres Epifeopi qui non calesti cruce mundi-i .fed galea & lorica ftculari armati multos manibus propriis quod pejus est interfecijstteferuntur.
Eulgose ra porte à ce propos qu’un Païfan voyant un Archevêque de Cologne eaéquipage militaire en qualité d-’Electeur de l’Empire, demanda cn quel lieu feraisl’Archevêque en Paradis, lors que l’Electeur feroit en peine dans P Enfer , pourconfirmer la proposition que l'emploi mal convenable à PEvêque ne fera; pas agréé .par la concurrence d’une autre qualité.
C’est pourquoi Hildebert Evêque du Mans dans l’Epître qu’il adresse à PEvêquede Seez son voisin pour Pobliger. de s’afranchir du service personnel de la guerre , luidonne avis que le glaive Sacerdotal, n’est autre que la rigueur de la discipline Ec-clésiastique, qui est fans doute une profession calme , qui a pour-but la méditationdes choses divines , qui est dépouillée des passions terrestres, qui n’a d’autres armssq-uc la prière,i'e. Bouclier de la Foi, 8 c le rleaume de salut, qui est la parole de Dieu ;qu’eìle n’a d’autres ennemis que les Démons & les concupiscences, le sang & la chairpour. user des termes de P Apôtre, & que contre tels ennemis les armes corporelles, &l'éfusion du sang ne font pas convenables. .
filais l'on fera voir ci-après que le Clergé & les Communautés Ecclésiastiquesont été exemptes de ces devoirs militaires, comme.-entièrement contraires à. leurcaractère. ■
CHAPITRE VIL..
Que les Eccléstastiques ont obtenu des difpensts de servir ait Ban & Arriéreban.'-
L E Greffier du Tillet ra porte dans fes -Mémoires , q n'encore que les Saints De- j ean àcrets défendent les armes a tout !e Clergé , les Prélats, Pairs de France , étoient Tf ìetpour raison d u temporel de leurs-Pairies., obligés desservir & de suivre les Rois, ao Greffier à