2 Hiftoire de la Paix. 141& des conſequences inévitables qu'il entralnoitapres lui, julqu'à etre oblige de remettte ſa re-
ponce au lendemain. II voyoit bien que les Eſpa-
gnols ne s'étoient reſolus à cela que pour ſauverleur reputation, eu ſatisfaiſant à ce qu' ils avoientpromis au Prince de Conde,& il jugepit aſſeʒ quece biais toit plus prejudiciable à ja France que nepouvoit pas etre le retabliſſement du Prince dansſes charges& Gouvernements,& que lui memetrouvetroit bien plus de plaiſir à etre ſouverain dedeux Places que lui donneroit le Roi Catholiquequ'a etre remis dans un Gouvetnement où il de-pendroit toujours du Roi Tres- Chrétien.
On ne lcauroit dite avec cettitude ſi la veritableintemion qu Roi Catholique étoit de favoriler lePrince de Condé julqu'à ce point la, mais quoi
qu'il en ſoit, il faut convenir que ce fut uncoup des plus adroits qui put partir de Dom Louisde par lequel il rompoit bien des meſutes au Cardi-val. Car d'un côté les Frangois ne pouvoient pasavec juſtice pretendte qu'if ne füt pas libre aux
Elpagnols de ſe depouiſlet de la proptietè de leursplaces pont en tevètit le Prince de Conde,& luidonner ſatisfaction par une ſemblable voye, ouSils le pretendoient, ils le metioient en tat de faitevoir au Monde que ſi la paix ne ſe concluoit pas,deſt qu'ils vouloiem öter aux EIpagnols la libertéde faite de leut bien ce qu'il leur plaiſoit. Cettederniere raiſon qui étoit naturellement forte&lenſible fut miſe en tout ſon jour par Dom Louis,& ſoutenũe par h eloquence dontil etoit doũ avectant de ſuccẽs; que le Cardinal fut enfin contraintà conlentir que le Gouvernement de Bourgognezwec la charge de Grand Maitre reſteroient auPr inee de Conde,& que cette derniere charge paſ-
leroit apres lui au Duc d'Anguien ſon fils.L'extrème diſſimulation da Cardinal Mazarin,ne patolt en aucun endroit de ſa vie*celui-
——