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le suivoient par-tout. Dans les voya-ges , dans les camps, dans les occu-pations les plus • tumultueuses, il avoirtoujours un asyle prêt , où son amese retirait au besoin, C J étoit la qu J ilappelloit ses idées. Elles accouraient
a fait la plupart dé ses découvertes, & arrangé sesmondes. 11 porta à la guerre ce même esprit de mé-ditation. En 1619, étant en quartier d’hiver sur lesfrontières de Bavière dans un lieu très-écarté, il ypassa plusieurs mois dans une solitude profonde, uni-quement occlipé à méditer. II cherchoit alors lesmoyens de créer une science nouvelle. Sa tête , fa-tiguée sans doute par la solitude, ou par le travail,,s’échauffa tellement, qu’il crut avoir des songes mys- 'térieux. 11 crut voir des fantômes,. il entendit unsvoix qui l’appelloit à la recherche de la vérité. II nedouta point, dit l’Historien de sa vie, que ces songesne vinssent du Ciel ; & il y mêla un sentiment de Re-ligion. Au reste, ces sortes de foiblesses ne doiventpas étonner, même dans un grand Homme. Ne con-noît-on pas le génie de Socrate , le spectre de Bru-tus , le fantôme qui‘apparut à César sur les bordsdu Rubicon , l’abyme qui étoit sans cesse ouvert àcôté de Paschal ? Ce sont les fruits d’une imagina-tion ardente, échauffée par quelque grand intérêt, 011troublée par une grande passion. II sembleroit cepen--dant qu’un Philosophe devroit être un peu plus«xempt qu’un autre, de ces sortes d’accès.