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Éloge
avec indifférence ; des âmes vulgairesne méritent point un tel honneur.Ainsi pensoit Descartes (f). Avec
(î) Les qualités particulières de Descartes, étoienttelles qu’on les indique ici. On doit lui en savoir gré;la vertu est peut-être plus rare que les talents; & lePhilosophe spéculatif, n’est pas toujours Philosophepratique. Descartes fut l’un êc l 1 * * 4 * * * * * * II autre. Dès sa jeu-nesse , il avoit raisonné sa morale. En renversant sesopinions par le doute , il vit qu’il falloit garder desprincipes pour se conduire. Voici quels étoient lessiens. I e . D’obéir en tout temps aux Loix & auxCoutumes de son pays. 2 e . De n’enchaîner jamais sa
liberté pour Favenir. 3 0 . De se décider toujours pour
les opinions modérées, parce que dans le moral, toutce qui est extrême , est presque toujours vicieux.
4 q . De travailler à se vaincre soi-même » plutôt que
la fortune » parce que l’on change ses désirs plutôt
que l’ordre du monde , & que rien n’est en notrepouvoir , que nos pensées. Ce fut-là , pour ainsidire, la base de sa conduite. On voit que cet hommesingulier s’étoit fait une méthode pour agir, commeil s’en fit une pour penser. II fut de bonne heureindifférent pour la fortune qui, de son côté , ne fitrien pour lui. Son bien de patrimoine n’allolt pas
au-delà de 6 ou 7000 liv. c’étoit être pauvre pour
un homme accoutumé dans son enfance à beaucoup
de besoins, & qui vouloit étudier la nature ; car il
y a une foule de connoissances qu’on n’a qu’à prixd’argent. Sa médiocrité ne lui coûta point un désir.
II avoit sur les richesses un sentiment bien honnête »