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Eloge de René Descartes : discours qui a remporté le Prix de l'Académie Françoise en 1765 / par Thomas
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il dut trouver Ferme à Stockholm ^

& ces autres de Séneque : illi mors gtavis incubât ,qui notus nimis omnibus , ignotus moritur sibi . Mal-heureux en mourant y qui trop connu des autres , meurtsans 'se connoitre lui-même. II devoir donc avoir un»espece d’indifférence pour la gloire ; non p.our la mé-riter , mais pour en jouir. Dans le monde , on metun prix à Cette fumée ; mais le solitaire a une autremaniéré de voir. II apprécie Popínion ; & les discoursdes hommes ne sont presque plus un besoin pourlui. Descartes craignoit la réputation, 5c s’y déroboit*II la regardoit sur-tout comme ust obstacle à sa li-berté 5c à son loisir, les deux plus grands biens d’unPhilosophe » disoit-il. On se doute bien qu’il n’étoitpas grand parleur. II n'eût pas brillé dans ces sociétésoù Ton dit d’un ton facile des choses légeres, Ôc oùl’on parcourt vingt objets sans s’arrêter sur aucun.On pourroit dire de lui > qu’il avoit reçu son esprit»n lingot , plus qu’en monnoie courante. D’ailleurs,îa conversation est un art qu’il faut apprendre commeles autres. L’habitude de méditer & de vivre seul,Tavoit rendu taciturne : mais ce qu’on ne croiroitpeut-être pas, c’est qu’elle ne lui avoit rien ôté deson enjouement naturel. II avoit toujours de la gaieté,quoiqu’ii n’eût pas toujours de la joie. La Philosophien’exempte pas des fautes , mais elle apprend á lesconnoitre ôc à s’en corriger. Descartes avouoit seserreurs , sans s’appercevoir même qu’il en fut plusgrand. C’est avec la même franchise qu’il sentoít sonmérite, ÔC qu’il en convenoit. On ne mnnquoit pointd’appeller cela de la vanité ; mais s'il en avoit eu,il auroit pris plus de soin de îa déguiser. II n’avoit?