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Eloge de René Descartes : discours qui a remporté le Prix de l'Académie Françoise en 1765 / par Thomas
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DE D ES C ART E s. ri ;comme il l'avoit trouvé à Utrecht ,

point assez d’orgueil pour vouloir être modeste. C»sentiment, quel qu’il fût, n’étoit point à charge auxautres. II avoir dans le commerce une politessedouce, & qui étoit encore plus dans les sentimentsque dans les maniérés. Ce n’est point toujours lapolitesse du monde , mais c’est sûrement celle daPhilosophe. 11 évitoit les louanges, comme un hommequi leur est supérieur. 11 les interdisoìt à l’amitié ; iíne les pardonnoit pas à la flatterie. II n’eut jamaisavec ses ennemis d’autre tort, que celui de les hu-milier par sa modération ; & il eut ce tort très-sou-v»nt. La calomnie le blessoit plus comme un ou-trage fait à la vérité , que comme une injure qui luifût personnelle. Quand on me sait une offense , di-soit-il, je tâche d’cLcvcr mon ame si haut , que Vos-,fente ne parvienne pas jusqu’à moi. L’indignationétoit pour lui un sentiment pénible : Sc il s’étoitplutôt arrangé pour le mépris. Au reste > ces deuxsentiments lui ét oient comme étrangers; 8t ce qui setrouvoit naturellement dans son ame , c’étoit la dou-ceur 8c la bonté. Cette ame forte & profonde > étoittrès-sensibïe. Nous avons déja vu son tendre atta-chement pour sa nourrice. 11 traitoit ses domesti-ques , comme des amis malheureux qu’il étoit chargéde consoler. Sa maison étoit pour eux une école demœurs ; St elle devint pour plusieurs, une école deMathématiques & de Sciences. On rapporte qu'il lesïnstruisoit avec la bonté d’un pere ; 8c quand ils n’a-voient plus besoin de son secours, il les rendoit à lasociété, où ils aboient jouir du rang qu’ils s’étoientLit par leur mérite. Un jour , un d’eux voulut 1c