Buch 
Eloge de René Descartes : discours qui a remporté le Prix de l'Académie Françoise en 1765 / par Thomas
Entstehung
Seite
214
JPEG-Download
 

ii4 Ê x o c £

à la Haye, & dans Amsterdam. I/envie

remercier. Qjie fdites-vous , lui dit-il, vous êtes monégal , & ^acquitte une dette. Plusieurs qu’iì avoitainsi formés , ont rempli avec distinction des placeshonorables. J’ai déja rapporté quelques traits quifont connoître sa vive tendresse pour son pers. Jene prétends pas ie louer par là ; mais il est doux des’arreter sur les sentiments de la nature. On H»i a re-proché de s’être livré aux foiblesses de l’amour,bien différent en cela de Newton , qui vécut plusde So ans dans la plus grande austérité de moeurs. IIy a apparence que Descartes> né avec une ame très-sensible, ne put se défendre des charmes de la beauté.Quelques Auteurs ont prétendu q u’il étoit marié se-crètement; mais dans un de ces entretiens où l'ame »abandonnée à elle-méme, s'épanche librement a u seinde l’amitié, Descartes , à. ce qu’on dit , avoua lui-même le contraire. Quoiqu’il en soit, tout le mondesait quhl eut une fille nommée Francine. Elle naquiten Hollande, le 13 Juillet 1635, &. fut baptisée sousson nom. Déja il pensoit à la faire transporter en France,pour y faire commencer son éducation ; mais ellemourut tout-à-coup entre ses bras , le 7 Septembre1640. Elle n’avoit que cinq ans. II fut inconsolable•de cette mort. Jamais » dit-ii, il n'éprouva de plus -grande douleur de sa vie. Depuis, il aimoit a s'en en-tretenir avec ses amis. 1*1 prononçoit souvent le nomde sa chere Francine. II en parîoit avec la douleurla plus tendre , Ôc il écrivit lui-mème Phistoire decet enfant, à la tête d’un ouvrage qu’il comptoitdonner au Public. 11 semble que , n’ayant pu la con-server, il vouloir du moins conserver son nom. On