DE DESCARTE *. íl$
íe suivoic de ville en ville , & de
a fait un crime à Cicéron, d’avoir trop aimé 6c pleurésa fille ; je ne sais si on fera le même reproche àDescartes ; mais je plains ceux pour qui ces préten-dues foiblesses d’un grand Homme, ne le rendroientpas plus intéressant. Avec ce naturel bon gc tendre ,Descartes dut avoir des amis. II en eut en effet untrès-grand nombre, lien eut en France, en Hollande,en Angleterre , en Allemagne , & jusqu’à Rome. 11en eut dans tous les états & dans tous 1er rangs. Hne pouvoit point se faire que , de tous ces amis, iln’y en eût plusieurs qui ne lui fussent attachés parvanité. Ceux-là, il les payoit avec sa gloire ; mais ilréservoir aux autres cette amitié simple & pure , cesdoux épanchements de l’ame , ce commerce intimequi fait les délices d’une vie obscure, & que rien neremplace pour les âmes sensibles. La plupart deshommes veulent qu’on soit reconnoissant de leursbienfaits ; pour moi, disoit Descartes, je crois devoirdu retour à ceux qui m’offrent l’occasion de les servir.Ce beau sentiment qn’on a tant répété depuis, St quiest presque devenu une formule, se trouve dans plu-sieurs de ses lettres. A l'égard de Dieu 8c de la Re-ligion, voici comme il pensoit. Jamais Philosophe nefut plus respectueux pour la Divinité. 11 prétendoitque les vérités même qu’on appelle éternelles Sc mar-thémntiques , ne sont telles que parce que Dieu l’avoulu. Ce sont des Loix, disoit-il, que Dieu a éta-blies dans la nature , comme un Prince fait les Loixdans son Royaume. II trouvoit ridicule que l’hommeosàr prononcer sur ce que Dieu peut, Sc ce qu’il ne■pe nas. H n’étoit pas moins indigné que ceux qui