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Encore une petite réflexion , Messieurs, fur^indétermination du nouveau Décret. La Bullene fixant le sens d’aucune propo litron , laisse auchoix de chaque particulier de faire à son gréune erreur ou une vérité de la même proposi-tion, en y joignant la note d’hérétique, ou cellede malsonnante : car dès que la censure eil va-gue & générale , elle n’exclut pas plus un sensqu’un autre , Lz par conséquent en donnant lieuà une aplication arbitraire des qualifications,elle expose visiblement des Fideles au doubledanger de prendre la vérité pour Perreur , 8cî'erreut pour la vérité , ce qui est un fort grandinconvénient. Il est vrai qa’on peut l’éviter eane parlant ni en bien ni en mal fur les roi. pro-positions. Mais, Messieurs , il ne faudroit pasbeaucoup de pareils Décrets pour bannir le lan-gage de la piété , de la Société des Fideles.QtU’il plaise a cinq ou six Papes d’embarasser PE-gl se, chacun d’une semblable production, nousvoilà condamnés à un silence rigoureux fur tou-tes les vérités de la Religion, &c réduits à lescroire intérieurement, fans jamais oser les con-fesser en public.
Prenez-y garde , Messieurs, ce n’est point ici«ne idée fans réalité. Voulez-vous vous en con-vaincre ? Exigez une profession de Foi fur ladoctrine de la Bulle, & vous trouverez autantde muets >qu’il y a d’Acceptans dans le monde.Oui, Messieurs, par cette question'.si sage & sisimple : que devons-nous croire fur les roi. pro-positions en conséquence du jugement que laBulle en a porté , le dernier des Fidèles décon-certe le corps entier des Acceptans.
Tous gardent un profond silence ; ou cruci-fiant la raison comme fait le Président du Con-