VOYAGE
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longtemps. Oubié avait donné à M. Coffin le gouver-nement d’un petit pays. Je remerciai vivement cetEuropéen de sa prévenance à notre égard, et il nousaccompagna jusqu’à un endroit où s’élève une fortifi-cation naturelle, une large colline dont les flancs ro-cheux sont taillés à pic, et qui n’est abordable quepar un seul endroit. Le sommet en est couronné d’unvillage et d’un couvent. Le soir, nous atteignîmes levillage d’Addi Adib, dont la population est en grandepartie musulmane : il est situé sur une hauteur et vaquérir son eau dans la vallée, à une assez grande dis-tance. Le lendemain, après avoir descendu, monté,redescendu et remonté pendant quelque temps, le toutà travers des chemins arides et une végétation sau-vage, nous arrivâmes enfin à Dixan, et fûmes nousloger chez le bahar nagachc
Dixan est considérée comme une ville en Abyssinie,quoique sa population ne soit que d’environ 2 000 âmes;c’est un des points de la frontière où les marchandsabyssins prennent des guides pour descendre à la mer,et c’est là qu’ils les laissent lorsqu’ils remontent surle plateau. Les habitants, qui sont pour la plupartmusulmans, ont des habitudes fort peu hospitalièreset sont considérés comme les plus mauvaises gens del’Abyssinie.
Aussitôt arrivés, nous n’eûmes rien de plus presséque de demander des guides; mais, comme en l’ab-
‘ On donne ce titre, qui signifie Roi de la mer, au chef de la provincedu littoral : Bruce nous apprend que son pouvoir était naguère très-grand, et s’étendait jusqu’à Messoah.