EN ABYSSINIE.
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sence du bahar nagache, on voulait nous extorquervingt-deux thalers, nous nous résolûmes à attendrela venue d’Abderahim, qu’on annonçait pour le len-demain. Celui-ci était frère du naïb, et quoiqu’il fûtmusulman, le bahar nagache lui avait donné sa filleen mariage, tant pour se créer une protection contreles voleurs chohos, que pour faire affluer dans sa villeles voyageurs déjà rançonnés par le naïb. Ces deuxhonnêtes gens s’entendaient comme larrons en foire :c’est en vertu de leur pacte secret que nous avionseu tant de peine à nous soustraire aux obsessions dunaïb, pour le choix de notre route, lorsque nousabordâmes l’Abyssinie. Volés par le naïb, étrillés parle bahar nagache, les voyageurs n’en étaient pasmoins quelquefois dépouillés par les Chohos, qui ve-naient justement, à l’époque où nous arrivions, dedévaliser une caravane, méfait qu’Abderahim était allépunir à la tête de quelques troupes. Je lui envoyai mondrogman pour lui demander des guides : il me fit ré-pondre que les guides seraient prêts à m’accompagnerlorsque je serais disposé à les payer au même tauxqu’en entrant en Abyssinie, c’est-à-dire à raison de5 thalers par homme; nous n’avions pas le moyen denous soustraire à ces dures lois, fort heureux encorede pouvoir partir le lendemain. Après avoir descen-du le Tarenta, nous vînmes coucher à Toubbo ; delà j’expédiai un domestique au gouverneur de Messoahpour me faire retenir une barque. Dans la journée,nous arrivâmes à Hamhamo, où nous passâmes lanuit. A mesure que nous descendions, la chaleur aug-