VOYAGE
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mentait ; et le lendemain nous nous arrêtâmes aprèsle déjeuner pour ne repartir que le soir, à la fraî-cheur. Quelques-uns de nos porteurs se mirent à la-ver leur linge en chantant; car tous étaient d’unegrande gaieté de se voir au terme d’une course aussifatigante. Vers le soir, le chasseur et mon drogmanpartirent de leur côté; j’allai du mien, avec M. deRhodes, faire une petite excursion. Quelque tempsaprès, nous vîmes accourir le chasseur tout effrayéqui nous cria de loin qu’un lion s’approchait. Nousrebroussâmes chemin sans plus nous enquérir, carle chasseur n’avait son fusil chargé qu’à plomb, et jen’étais nullement armé, non plus que M. de Rhodes.Cependant le chasseur, qui courait toujours, nous eutbientôt rattrapé, et ce fut alors seulement que nousnous aperçûmes qu’il n’était pas suivi de mon drogman :il nous dit que celui-ci l’avait quitté quelques instantsauparavant. Nous nous empressâmes de nous rendreà notre campement espérant l’y trouver; mais il n’étaitpoint rentré. Nous nous mîmes alors à l’appeler avecforce. N’entendant aucune réponse et ne le voyant pasvenir, je fus saisi d’une vive inquiétude; je partis à sarecherche avec cinq domestiques armés de lances;* j’avais le fusil du chasseur, cette fois chargé à balles :nous fîmes une battue dans les environs, et, au boutd’une heure, n’ayant pu découvrir aucune trace dupauvre Gabrioud, nous reprîmes le chemin du camp,le cœur serré, et tressaillant à l’idée qu’il ne fût pasrevenu. On n’en avait pas de nouvelles. L’alarme gagnatout le monde, et sur-le-champ domestiques et por-r