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souverain, alors que toutes les sources des revenuspublics se sont égarées dans les cent mille canauxde la féodalité, qui les détourne sans cesse à sonprofit ? La moitié de la nation s’enrichit de lamisère de l’autre ; la noblesse insolente cabale;et le monarque qu’elle flatte en est lui-mêmeopprimé sans qu'il s’en doute. L’histoire bienméditée en est une leçon perpétuelle. Un roise crée des ordres intermédiaires ; ils sont bientôtses maîtres , et les tyrans de son peuple. Com-ment contiendroient-ils le despotisme ? ils n’aimentque l’anarchie pour eux, et ne sont jaloux quede leurs privilèges , toujours opposés aux droitsnaturels de ceux qu'ils oppriment.
Je vous l’ai dit, je vous le répète, mon cherami, vos combinaisons de pouvoirs ne font queséparer et compliquer les intérêts individuels aulieu de les unir. L’exemple du gouvernementanglais vous a séduit. Je suis loin de penser quecette constitution soit parfaite. J’aurois trop àvous dire sur ce sujet. Attendons, comme disoitLocke au roi Guillaume, que des revers écla-tants , qui auront leur cause dans le vice de cetteconstitution, nous aient fait sentir ses dangers ;que la corruption, devenue nécessaire pour vaincrela force d’inertie de la chambre haute, soit établiepar les ministres dans les communes, et ne fasseplus rougir personne : alors on verra le dangerd’un équilibre qu’il faudra rompre sans cesse pouraccélérer ou retarder les mouvements d’une ma-chine si compliquée. En effet, n’est-il pas arrivé