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Tome premier.
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( io )

de nos jours qu’il a fallu des impôts pour soudoyerdes parlements qui donnent au roi le droit delever des impôts sur le peuple?

La liberté même dont la nation anglaise jouit,est-elle bien dans les principes de cette consti-tution , plutôt que dans deux ou trois bonneslois qui n’en dépendent pas , que les Françaispourroient se donner, et qui seules rendraientpeut-être leur gouvernement plus supportable?Nous sommes encore loin d’y prétendre. Nosprêtres sont trop fanatiques, et nos nobles tropignorants, pour devenir citoyens et sentir lesavantages qu’ils gagneraient à l’être , à former unenation. Chacun sait qu’il est esclave, mais vitdans l’espérance detre sous-despote à son tour.

Un roi est aussi esclave de ses maîtres , deses favoris et de ses ministres. S’il se fâche , lecoup de pied qu’en reçoivent ses courtisans serend et se propage jusqu’au dernier goujat. Voilà,j’imagine , dans un gouvernement le seul emploiauquel peuvent servir les intermédiaires. Dans unpays gouverné par les fantaisies d’un chef, cesintermédiaires qui l’assiègent cherchent encore àle tromper , à l’empêcher d’entendre les voeux etles plaintes du peuple sur les abus dont eux seulsprofitent. Est-ce le peuple qui se plaint, que l’ontrouve dangereux? Non ; c’est celui qu’on n’écoutepas. Dans ce cas, les seules personnes à craindredans une nation sont celles qui l’empêchent detreécoutée. Le mal est à son comble , quand le sou-verain , malgré les flatteries des intermédiaires, est