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nos conversations si bruyantes et si frivoles 7 ,notre ennui dans le sein du plaisir même ; nospréjugés et nos actions en contradiction conti-nuelle avec nos lumières ; tant d’amour pour lagloire , joint à tant de respect pour l'idole de lafaveur ; nos courtisans si rampans et si vains ;notre politesse extérieure et notre mépris réelpour les étrangers, ou notre prédilection affectéepour eux ; la. bizarrerie de nos goûts , qui n’arien au dessous d’elle , que l’empressement detoute l’Europe à les adopter : notre dédain bar-bare pour deux des plus respectables occupationsd’un citoyen , le commerce et la magistrature ; nosdisputes littéraires si vives et si inutiles ; notrefureur d’écrire avant que de penser , et déjugeravant que de connoître. A cette peinture vive,mais sans fiel , il oppose dans l’apologue desTroglodytes, le tableau d’un peuple vertueux,devenu sage par le malheur : morceau digne duPortique. Ailleurs, il montre la philosophie long-temps étouffée, reparoissant tout-à-coup, re-gagnant par ses progrès le temps quelle a perdu,pénétrant jusques chez les Russes à la voix d’ungénie qui l’appelle ; tandis que , chez d’autrespeuples de l’Europe, la superstition, semblableà une atmosphère épaisse , empêche la lumièrequi les environne de toutes parts d’arriver jusqu’àeux. Enfin , par les principes qu’il établit sur lanature des gouvernemens anciens et modernes , ilprésente le germe de ses idées lumineuses , et déve-loppées depuis par l’auteur dans son grand ouvrage.1. 3