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royale des sciences et belles-lettres de Prusse,quoiqu'on n’y soit point dans l'usage de pronon-cer l'éloge des associés étrangers, a cru devoir luifaire cet honneur qu’elle n’a fait encore qu’à l’il-lustre Jean Bernoulli. M. de Maupertuis , toutmalade qu’il étoit, a rendu lui-même à son amice dernier devoir, et n’a voulu se reposer sur per-sonne d’un soin si cher et si triste. A tant desuffrages éclatants en faveur de M. de Montes-quieu, nous croyons pouvoir joindre sans indis-crétion les éloges que lui a donnés en présencede l’un de nous le monarque même auquel cetteacadémie célèbre doit son lustre; prince fait poursentir les pertes de la philosophie et pour l’enconsoler 38 .
Le 17 février, l’académie française lui fit selonl’usage un service solennel , auquel, malgré larigueur de la saison , presque tous les gens de let-tres de ce corps, qui netoient point absents de Paris,se lirent un devoir d'assister. On auroit dû , danscette triste cérémonie, placer l’Esprit des lois surson cercueil , comme on exposa autrefois vis-à-visdu cercueil de Raphaël son dernier tableau dela Transfiguration. Cet appareil simple et touchanteût été une belle oraison funèbre.
Jusqu’ici nous n’avons considéré M. de Mon-tesquieu que comme écrivain et philosophe : ce
ouvrages rendront son nom célèbre , et lui survivront aussilong-temps que la droite raison, l»s obligations morales, et levrai esprit des lois, seront entendus, respectés et conservés.( Note de d'Alembert. )