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seroit lui dérober la moitié de sa gloire que depasser sous silence ses agréments et ses qualitéspersonnelles.
Il étoit , dans le commerce , d’une douceuret d’une gaieté toujours égales. Sa conversationétoit légère, agréable et instructive, par le grandnombre d’hommes et de peuples qu'il avoit con-nus ; elle étoit coupée comme son style , pleine jde sel et de saillies, sans amertume et sans satyre.Personne ne racontoit plus vivement, plus promp-tement , avec plus de grâce et moins d’apprêt.
Il savoit que la fin de l’histoire plaisante en esttoujours le but ; il se hâtoit donc d'y arriver, etproduisoit l'effet sans l'avoir promis.
Ses fréquentes distractions ne le rendoientque plus aimable ; il en. sortoit toujours parquelque trait inattendu qui réveilloit la conver-sation languissante : d’ailleurs elles n’étoient ja-mais ni jouées , ni choquantes , ni importunes.
Le feu de son esprit , le grand nombre d’idéesdont il étoit plein , les faisoient naître : mais iln’v tomboit jamais au milieu d’un entretien in-téressant ou sérieux ; le désir de plaire à ceuxavec qui il se trouvoit, le rendoit à eux alorssans affectation et sans effort.
Les agréments de son commerce tenoient
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non-seulement à son caractère et à son es-prit , mais à l’espèce de régime qu'il observoitdans l'étude. Quoique capable d’une médi-tation profonde et long-temps soutenue , ilr.’épuisoit jamais ses forces; il quittoit toujours